Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 17:49

Christophe-Colomb.jpg D'après « Ducatiana ou Remarques de feu M. Le Duchat sur divers sujets d'histoire et le littérature », paru en 1738

 

S'il faut en croire Le Duchat, né en 1658, conseiller à la Chambre de la Justice supérieure française de Berlin et membre de la Société royale des sciences, Christophe Colomb était Français quand il dota l'Espagne d'un monde ; et nous pourrions revendiquer ainsi, comme une conquête française, la découverte de l'Amérique.

 

Nous lisons en effet dans Ducatiana ou Remarques de feu M. Le Duchat sur divers sujets d'histoire et le littérature recueillies dans ses manuscrits et mises en ordres par Formey (tome 1, paru en 1738) que « Christophe Colomb était en 1474 capitaine de quelques navires pour le roi Louis XI. Et comme en ce temps-là les Espagnols avaient fait une irruption dans le Roussillon, il crut que par représailles, et sans contrevenir à la paix entre les deux couronnes, il pouvait courir sus aux Vaisseaux espagnols.

 

« Il attaqua donc et prit deux galères de cette nation, chargées pour le compte de divers particuliers. Sur les plaintes de cette action au roi Ferdinand, ce prince prit le parti d'en écrire à Louis XI. Sa lettre est datée du 9 décembre 1474. Ferdinand y qualifie Christophe Colomb sujet du Roi Louis XI. C'est que, comme on sait, Colomb était Génois, et que Louis XI était seigneur souverain de Gênes, quoique cette ville et celle de Savone fussent tenues de lui en fief par le duc de Milan. »

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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 17:30

D'après « Revue des traditions populaires », paru en 1905

 

Une légende du Bourbonnais met en scène Gargantua revenant du Forez, ayant grande soif, se trouvant à Briailles (coteau naturel sur la rive gauche de l’Allier, en face de Chazeuil-Varennes), et s'appuyant un pied sur le sommet de la colline et l'autre sur le château de Chazeuil (la distance à vol d’oiseau est de 4km environ) ; en enjambant l'Allier, il se pencha pour boire l'eau de la rivière. Mais des bateaux chargés de poudre et de munitions pour le siège d'Orléans (1429), et qui descendaient l'Allier, se trouvaient de passer à ce moment entre les jambes du géant ; lequel, sans y prendre garde, les avala avec leurs charges et les bateliers.

 

Son ventre se ballonna, et il se trouva si mal à l'aise, qu'il fit appeler son médecin. C'était la nuit ; celui-ci arriva en toute hâte, et il fut obligé pour bien examiner son malade, de faire allumer un grand nombre de chandelles, et en s'approchant de trop près de son malade, le feu se communiqua aux barils de poudre qu'il avait avalés, il en résulta une terrible explosion qui transporta la terre sur la rive gauche de l'Allier et qui forma la côte de Breux, près de Saint-Pourçain, et qui s'étend de cet endroit jusqu'à Chatel-de-Neuvre, et Gargantua fut immédiatement soulagé.

 

Gargantua.jpg

 

L'épisode du médecin entrant dans le ventre du géant se retrouve dans un récit assez romanesque de Mme de Cerny, Saint Suliac et ses Traditions (1861) ; dans Gargantua dans les Traditions Populaires de Paul Sébillot : avec des explosions, dans la partie consacrée aux légendes du Poitou et du Nivernais ; l'explosion sans intervention du médecin figure dans la partie consacrée à la Haute-Bretagne et à l'Hérault.

 

L'assimilation de Gargantua, au siège d'Orléans, est chose assez singulière. L'on sait que Jeanne d'Arc avait demandé des secours aux échevins de Moulins et à ses chiers et bons amis de Riom (Jeanne d’Arc en Bourbonnais, par F. Pérot, édition de 1901) ; en effet, les registres des receveurs de la ville de Clermont de l'année 1429 portent à la date du 7 novembre : Memoyre suit que la Pucelle Jehanne messaige de Dieu et mons. de Le Bret (d'Albret), envoièrent à la ville de Clermont une lectre fesant mencion que la ville leur voulait aider de pouldre de canon, etc.

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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 17:00

D'après « Les originaux de la dernière heure », paru en 1860

 

La veuve d'Adam Dupuis, sieur de Roquemont, qui avait été en grande réputation comme joueuse de luth et de harpe, laissa une fortune considérable, dont elle disposa de la façon la plus saugrenue. Voici en effet quelques passages de la singulière pièce qui renferme ses dernières volontés et dont le paragraphe final est un modèle du genre :

 

« Item, je donne et lègue à Jeanne, ma commère, quinze francs une fois payés, afin qu'elle prie Dieu pour moi. Je veux qu'ils portent le deuil de moi, un an durant, le mari et la femme, et qu'ils suivent mon corps. C'est elle qui m'a donné de bon lait d'ânesse. »

 

Chats.jpg

 

La testatrice prend ici à partie une demoiselle inconnue : « Je vous défends de venir chez moi : je vous ai donné un manteau de taffetas, doublé de ouate, une jupe de brocart, des rubans couleur de feu et jaune ; vous étiez mal habillée, et comme un haillon, comme une puante, une vilaine, une infâme ; ceux qui vous ont donné à cause de vos beaux yeux et de votre petite bouche étaient aveugles. »

 

« Je prie, dit-elle en terminant, je prie mademoiselle Bluteau, ma sœur, et madame Calonge, ma nièce, d'avoir soin de mes chats. S'ils sont deux, il faudra leur donner trente sous par moi, afin qu'on les nourrisse bien. On leur donnera deux fois du potage à la chair, de même que nous en mangeons ; mais il faut donner séparément, chacun sur une assiette. Il faut que le pain ne soit pas coupé en soupe ; il faut le mettre en gros morceaux comme de petites noix : autrement ils ne le mangeraient pas. Quand on leur a mis du bouillon du pot, et que le pain trempe, on met un peu de chair menue dans le potage, on le couvre bien, on le laisse mitonner jusqu'à ce qu'il soit bon à manger. S'il n'y a qu'un chat, il ne lui faudra que la moitié de l'argent. »

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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 17:31

D'après « Le Pays poitevin », paru en 1898

 

L'imposante forteresse Salbart est située à 7km de Niort, au pied d'un coteau dont le sommet est occupé par le village de Terneteuil, sur les bords de la Sèvre. Sa construction remonte aux dernières années du XIIe siècle ou au commencement du XIIIe, comme le démontre la forme ogivale de ses ouvertures. Un seul souvenir historique s'y rattache, celui de Jean V, duc de Bretagne, qui y fut retenu prisonnier pendant quelques jours, se rendant à Clisson.

Salbart.jpg

 

D'après la légende, Salbart fut construit en trois nuits par la fée Mélusine, qui, au clair de la lune, apportait les pierres dans la dorne de son tablier. Le 13 juin 1897, cette légende fut rajeunie poétiquement par le Comité poitevin d'Ethnographie, qui fêta, dans le merveilleux décor frmé par ces ruines, la cinquantaine d'un poète niortais, ami des champs et des moeurs rurales : Emile du Tiers.

Ce soir-là, le blanc fantôme de la fée poitevine apparut au sommet des tours, au milieu des flammes triomphales, et disparut dans les airs aux yeux émerveillés des habitants et des curieux accourus de toutes parts.

 

Illustration : ruines du château Salbart

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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 17:00

Comte-Clermont.jpg En 1897, Eugène Muller explique dans ses Curiosités historiques et littéraires que « la franc-maçonnerie, dont les constitutions sont aujourd'hui de notoriété générale, crut longtemps elle-même qu'il importait à sa force d'entourer d'un profond mystère ses dogmes et ses rites. Aussi grand émoi au sein de cette association lorsque, vers 1750, un petit livre parut à Paris qui, sous ce titre, Le Secret des francs-maçons révélé, ne laissait rien ignorer au public des choses que les associés avaient jusqu'alors cachées avec tant de soin.

« La publication de cet écrit répandit l'alarme dans toutes les loges. Le Grand Orient de France, dont un prince du sang était grand maître [le comte de Clermont], s'assembla en toute hâte pour délibérer à ce sujet. On délibéra solennellement, et l'on trouva que le moyen de parer le coup terrible porté à l'institution était de semer rapidement dans le public une vingtaine de petits ouvrages portant un titre analogue, ayant à peu près la même étendue et imprimés dans le même format, mais différant tous les uns des autres, quant aux assertions du texte, pour faire disparaître la vérité, en la noyant dans un océan de fictions et de mensonges.

« Cette pressante besogne fut répartie entre les frères lettrés que l'on jugea les plus capables de la bien faire. On composa, on imprima, on publia tous ces livrets en quelques jours. La chose réussit à souhait. Le véritable catéchisme des francs-maçons se perdit dans la multitude des faux, qui se contredisaient tous à qui mieux mieux, et il ne fut plus possible de le reconnaître. »

 

Illustration : Le comte de Clermont, « Grand Maître de toutes les loges régulières de France » entre 1743 et 1771

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