Vendredi 6 avril 2012
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20:30
Extrait de « Les Annales politiques et littéraires », paru en
1926
Un jour, Henri IV, passant par une petite ville, dut
s'arrêter devant la députation qui accourait pour
le haranguer. L'orateur, ayant commencé son discours,
fut interrompu par un
âne qui se mit
à braire à gorge
déployée :
— Messieurs, dit le malin Béarnais, parlez chacun à votre tour ; je ne vous comprends pas.
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Mercredi 4 avril 2012
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19:58
Pendant près de quatre cents ans, Paris vit s'accomplir les rites d'une fête dont le souvenir est totalement effacé
aujourd'hui. Depuis 1418 jusqu'à la Révolution, le coin de la rue aux Ours, à Paris, s'illuminait, le 3 juillet, et de nombreux cierges éclairaient la niche vide d'une statue.
Cependant, les rues d'alentour retentissaient de clameurs ; c'est que la foule suivait en vociférant le cortège d'un mannequin
costumé en Suisse. La procession durait pendant plusieurs heures et parcourait tous les quartiers de la ville avant de revenir aux carrefours des rues Salle-au-Comte et aux Ours. Puis, à la nuit
tombante, le mannequin était enfin brûlé et la fête s'achevait dans l'apothéose d'un feu d'artifice.
S'il faut en croire les différents compartiments d'un tableau peint en 1772, un fait inouï aurait donné naissance à cette
procession plusieurs fois séculaire. En effet, le 30 juin 1418, un soldat suisse frappa de son épée la statue de la Vierge placée dans la niche de la rue aux Ours. Le sang jaillit aussitôt. Le
soldat fut arrêté, jugé, condamné et exécuté au lieu même du crime. Quant à la statue mutilée, on la transporta à Saint-Martin-des-Champs, où la vénération populaire lui donna le nom de
Notre-Dame de la Carole. Et, tous les 3 juillet, on donnait une fête en son honneur... Le souvenir de la mutilation se perdit peu à peu, mais la réjouissance se poursuivit jusqu'à la
Révolution.
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Lundi 2 avril 2012
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18:00
Dans le huitième discours de ses Dames Galantes, Brantôme nous apprend que Louise de Savoie — la mère de François Ier —, passant de vie à trépas le 22
septembre 1531, « trois jours advant que mourir, vit la nuict sa chambre toute en clarté qui estoit transpercée par la vitre. Elle se courrouça à ses femmes de chambre qui la veilloient
pourquoy elles faisoient un feu si ardant et esclairant.
« Elles luy respondirent qu'il n'y avoit qu'un peu de feu, et que c'estoit la lune qui ainsy esclairoit et donnoit telle lueur.
Comment ! dit-elle, nous en sommes au bas ; elle n'a garde d'esclairer à ceste heure. Et soudain, faisant ouvrir son rideau, elle vit une comette qui esclairoit ainsy droict sur
son lict. Ah ! dit-elle, voylà un signe qui ne paroist pas pour personne de basse qualité. Dieu le fait paroistre pour nous autres grands et grandes. Refermez la fenestre ; c'est une
comette qui m'annonce la mort ; il se faut doneques préparer.
« Et le lendemain au matin, ayant envoyé querir son confesseur, fit tout le debvoir de bonne chrestienne, encor que les médecins
l'asseurassent qu'elle n'estoit pas là. Si je n'avois veu, dit-elle, le signe de ma mort, je le croirois, car je ne me sens point si bas ; et leur conta à tous l'apparition de sa
comette. Et puis, au bout de trois jours, quittant les songes du monde, trespassa. »
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Dimanche 1 avril 2012
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18:39
Dans le second tome de leur Dictionnaire étymologique, critique, historique, anecdotique et
littéraire, Noël et Carpentier rapportent au mot maquereau les propos de l'abbé Tuet tenus dans Matinées senonoises :
« Gilbert Cousin observe que, de son temps, on appelait en France poisson d'avril, celui qui fait le métier infâme de
débaucher les personnes du sexe, parce que le poisson dont il porte le nom chez le bas peuple (le maquereau) est excellent a manger dans ce mois-là. Le Duchat croit que ce nom, pris dans
un sens libre, se dit par corruption pour mercureau, c'est-à-dire, petit mercure. Le dieu de l'éloquence était aussi le messager des habitans de l'Olympe, et son nom est devenu
celui d'un entremetteur de mauvais commerce. »
Le même philologue Le Duchat (1658-1735) ajoute dans le tome II de son Ducatiana, au sujet du mois d'avril, que « c'est
vers ce temps-là que le maquereau, qu'on appelle aussi poisson d'avril, se laisse prendre. »
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Mercredi 28 mars 2012
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17:00
D'après « Gazette anecdotique », paru en 1888
Ce qu'on appelle gaffe, explique en 1888 l’académicien Emile Faguet, c'est généralement ce que nos pères appelaient une
impertinence (avant que le mot, perdant sa signification vraie, ne fût devenu tout simplement synonyme d'insolence). C'est à savoir une parole très mal à propos, un mot qui est celui
juste qu'il ne fallait pas dire à telle personne, à tel moment, dans telle circonstance...
Il y en a de célèbres dans la littérature et dans l'histoire anecdotique. Il me semble que c'est dans Turcaret qu'il y a
les plus fortes et les plus nombreuses. Le Sage aimait ce genre d'amusement qui est très fécond en effets comiques. Il y a des gaffes monumentales, comme celle de cet invité de Voltaire qui
complimentait Mme Denis de la manière admirable dont elle avait joué Zaïre. « Oh ! Monsieur, répondait l'excellente femme, un peu ridicule mais excellente, il faut être jeune
et belle pour bien jouer Zaïre ! – Oh ! Madame, répliquait avec empressement l'aimable courtisan, le parfait homme du monde, vous êtes bien la preuve du contraire. » Pour une gaffe,
voilà une gaffe, c'est la gaffe classique, conclut Faguet.
Sous quelle rubrique classerons-nous celle de ce jeune innocent qui, assis entre Mme de Staël et Mme
Récamier, s'écriait : « Me voici entre l'esprit et la beauté ! » Ce qui lui valut cette riposte de Corinne : « Sans posséder ni l'un ni l'autre ». Sainte-Beuve, qui cite également le mot
dans un de ses Lundis (tome VIII des Nouveaux lundis dans l'article sur Marie Leckzinska) le donne d'une manière différente : « Un homme assis à table entre Mme de
Staël et Mme Récamier s'échappa à dire : « Me voilà entre l'esprit et la beauté ! » ce qui fit dire à Mme de Staël, relevant la sottise : « C'est la première fois qu'on me
dit que je suis belle ! »
Illustration : Germaine de Staël
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