Brèves

Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 17:00

D'après « Le Petit Français illustré », paru en 1901

 

Un jour Napoléon, fort mécontent à la lecture d'une dépêche de Vienne, dit à Marie-Louise d’Autriche, sa seconde épouse (impératrice des Français de 1810 à 1814) : « Votre père est une ganache », ganache signifiant personne incapable.

 

Marie-Louise.jpg L'impératrice, qui ignorait beaucoup de termes français, s'adresse à un conseiller d'État et lui demande la signification du mot ganache, en lui disant dans quelle circonstance l'empereur l'a employée. A cette demande inattendue, le courtisan balbutie que cela veut dire «un homme sage, de poids, de bon conseil ».

 

Quelques jours après, la mémoire encore toute fraîche de sa nouvelle acquisition, Marie-Louise, présidant le conseil d'Etat, et voyant la discussion plus animée qu'elle ne voulait, interpelle, pour y mettre fin, Cambacérès, Prince-Archichancelier de l'Empire qui, à ses côtés, bayait tant soit peu aux corneilles :

 

« C'est à vous à nous mettre d'accord dans cette occasion importante, lui dit-elle, vous serez notre oracle ; car je, vous liens pour la première et là meilleure ganache de l'empire. »

 

Illustration : L'impératrice Marie-Louise d'Autriche

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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 17:45

 

Dans un chapitre de son volume Voyages, Victor Hugo passe toutes les lettres de l’alphabet en revue une à une, et en fait une très pittoresque description : « La société humaine, le monde, l’homme tout entier est dans l'alphabet. La maçonnerie, l'astronomie, la philosophie, toutes les sciences ont là leur point de départ, imperceptible, mais réel ; et cela doit être. L'alphabet est une source.

 

Lettre-O.jpg « A, c'est le toit, le pignon avec sa traverse, l'arche, arx ; ou c'est l'accolade de deux amis qui s'embrassent et qui se serrent la main ;

« B, c'est le D sur le D, le dos sur le dos, la bosse ;

« C, c'est le croissant, c'est la lune ;

« D, c'est le dos ;

« E, c'est le soubassement, le pied-droit, la console et l'étrave, l'architrave, toute l'architecture à plafond dans une seule lettre ;

« F, c'est la potence, la fourche, furca ;

« G, c'est le cor ;

« H, c'est la façade de l'édifice avec ses deux tours ;

« I, c'est la machine de guerre lançant le projectile ;

« J, c'est le soc et c'est la corne d'abondance ;

« K, c'est l'angle de réflexion égal à l'angle d'incidence, une des clefs de la géométrie ;

« L, c'est la jambe et le pied ;

« M, c'est la montagne, ou c'est le camp, les tentes accouplées ;

« N, c'est la porte fermée avec sa barre diagonale ;

« O, c'est le soleil ;

« P, c'est le portefaix debout avec sa charge sur le dos ;

« Q, c'est la croupe avec la queue ;

« R, c'est le repos, le portefaix appuyé sur son bâton ;

« S, c'est le serpent ;

« T, c'est le marteau ;

« U, c'est l'urne ;

« V, c'est le vase (de là vient que l’u et le v se confondent souvent) ;

« X, ce sont les épées croisées, c'est le combat ; qui sera le vainqueur ? on l’ignore ; aussi les hermétiques ont-ils pris X pour le signe du destin, les algébristes pour le signe de l’inconnu ;

« Y, c'est un arbre ; c'est l'embranchement de deux routes, le confluent de deux rivières ; c'est aussi une tête d'âne ou de bœuf ; c'est encore un verre sur son pied, un lys sur sa tige, et encore un suppliant qui lève les bras au ciel ;

« Z, c'est l'éclair, c'est Dieu. »

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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 17:30

Pieces-Or.jpg D'après « Essai historique et moral sur l'éducation française », paru en 1777

 

Richard de Bury, auteur du XVIIIe siècle qui écrivit notamment une Histoire de Saint-Louis ainsi qu’une Histoire de Henri IV, rapporte dans son Essai historique et moral sur l’éducation française, l’anecdote suivante :

 

Une femme fort pauvre, mais qui avait la consolation d'avoir une fille aimable, dont les grâces modestes annonçaient la sagesse, se présenta avec cette jeune personne à l’audience du cardinal Farnèse. Elle lui exposa qu'elle était sur le point d'être renvoyée avec sa fille d’un petit appartement qu'elles occupaient chez un homme fort riche, parce qu'elle ne pouvoir lui payer cinq écus qui lui étaient dus. Le ton d'honnêteté avec lequel elle faisait connaître son malheur, fit apercevoir aisément au cardinal qu'elle n'y était tombée que parce que la vertu lui était plus chère que les richesses.

 

Il écrivit un billet, et la chargea de le porter à son intendant. Celui-ci l'ayant ouvert, compta sur-le-champ cinquante écus. « Monsieur, lui dit cette femme, je ne demandais pas tant à Monseigneur, et certainement il s'est trompé. » Il fallut, pour la tranquilliser, que l'intendant allât lui-même avec cette femme parler au cardinal. Son Eminence reprenant son billet, dit : « Il est vrai, je m’étais trompé, le procédé de Madame le prouve. » Et au lieu de cinquante écus, il en écrivit cinq cents, qu'il engagea la vertueuse mère d'accepter pour lui aider à marier sa fille.

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Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 17:30

Francois-Ier.jpg Le 24 février 1525, François Ier était fait prisonnier à Pavie, cependant que le roi s’était lancé au galop à l’assaut des rangs adverses et que les tirs de l’artillerie française avaient cessé pour ne pas risquer de le blesser.

 

Les Espagnols en avaient profité pour encercler le monarque. Transféré en Espagne, il devient l'otage de Charles Quint (il sera libéré après la signature du traité de Madrid l’année suivante).

 

On dit que les Espagnols, pour humilier François Ier captif, avaient obtenu qu’on baisserait la porte de sa chambre, afin que le roi fût obligé de s’incliner pour sortir, geste que les personnes du dehors ne manqueraient pas de prendre pour un salut.

 

Le roi, ajoute-t-on, déconcerta toutes leurs mesures ; il sortit à reculons, le dos tourné aux grands d’Espagne.

 

Illustration : François Ier

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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 18:00

Francis-Bacon.jpg C'est la devise que l'on est convenu d'attribuer à Bazile, bien qu'elle ne se trouve pas formulée dans sa fameuse tirade sur la calomnie dans le Barbier de Séville (acte II, scène VIII) de Beaumarchais, pièce représentée pour la première fois le 23 février 1775.

 

Ce dicton était cependant déjà populaire au commencement du XVIIe siècle. Francis Bacon (1561-1626), dans son traité De la dignité et de l’accroissement des sciences (1623), livre VIII, chapitre II, à la suite d'une étude sur les paraboles de Salomon, passe en revue quelques proverbes et s'exprime ainsi :

 

« Comme on dit ordinairement : Va ! calomnie hardiment, il en reste toujours quelque chose (audacter calumniare, semper aliquid haeret) ; on peut dire aussi par rapport à la jactance : Crois-moi, vante-toi hardiment, il en reste toujours quelque chose. » (Traduction du Panthéon littéraire)

 

Illustration : Francis Bacon

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