Jeudi 23 février 2012
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D'après « Chronique médicale », paru en 1929
Au livre V, chapitre XX, intitulé : Comment la Quinte Essence guérissoyt les malades par chanson, Rabelais dit en parlant
d'une dame qui guérit toutes les maladies sans y toucher : « Ceste nostre royne guarit, seulement leurs sonnant une chanson selon là compétence du mal. Puis nous monstra les orgues desquelles
sonnant, faisoyt ses admirables guarisons. Icelles estoient de façon bien étrange, car les tuyaux estoyent de casse en canon, le sommier de gayac, les marchettes de rheubarbe, le suppied de
turbit, le clavier de scammonée. »
Et, selon le malade, la dame jouait une chanson qui guérissait toujours lépreux, aveugles, empoisonnés, sourds, muets, etc. Il
semble, à première vue, que ce soit une satire contre les charlatans et empiriques toujours prêts à trouver un secret infaillible. Cependant, un ouvrage du XVIe siècle, de Jean-
Baptiste Porta, Magia naturalis, imprimé à Naples en 1588, soit trente-cinq ans après la mort de Rabelais, cite de nombreux exemples de cures obtenues non seulement par l'effet de la
musique sur les hommes ou sur les animaux, mais même au moyen d'instruments fabriqués de bois médicamenteux.
Les douleurs sciatiques sont guéries par un instrument fait de bois de peuplier. Les lymphatiques retrouvent leurs forces en
écoutant le son tiré d'un tibia de cheval ou de la tige creuse de l'ellébore. Contre la peste on use de la cithare faite en bois de vigne ou en bois de laurier. Les flûtes ou les lyres de
genévrier, de frêne, de sureau ou d'os de cerf sont efficaces pour les morsures des vipères. Les instruments faits de lierre ou d'amandier sauvage guérissent l'ivresse. En bois de vigne ou de
rododaphné, ils sont de puissants calmants. L'amandier et la vigne procurent le sommeil, l'ellébore tient en état de veille.