Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 18:00

Francis-Bacon.jpg C'est la devise que l'on est convenu d'attribuer à Bazile, bien qu'elle ne se trouve pas formulée dans sa fameuse tirade sur la calomnie dans le Barbier de Séville (acte II, scène VIII) de Beaumarchais, pièce représentée pour la première fois le 23 février 1775.

 

Ce dicton était cependant déjà populaire au commencement du XVIIe siècle. Francis Bacon (1561-1626), dans son traité De la dignité et de l’accroissement des sciences (1623), livre VIII, chapitre II, à la suite d'une étude sur les paraboles de Salomon, passe en revue quelques proverbes et s'exprime ainsi :

 

« Comme on dit ordinairement : Va ! calomnie hardiment, il en reste toujours quelque chose (audacter calumniare, semper aliquid haeret) ; on peut dire aussi par rapport à la jactance : Crois-moi, vante-toi hardiment, il en reste toujours quelque chose. » (Traduction du Panthéon littéraire)

 

Illustration : Francis Bacon

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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 17:00

Traversee-Blanchard.jpg Le 2 mars 1784, la foule rassemblée sur le Champ de Mars à Paris assistait à l’ascension d’un aérostat habité construit par Jean-Pierre Blanchard et mesurant 27 pieds de diamètre. Le ballon franchit la Seine et revient pour se poser rue de Sèvres. L’expérience fut renouvelée à Rouen, puis à Londres, avant que le téméraire aéronaute n'enregistrât un succès notoire dans la traversée de la Manche avec un ballon gonflé à l’hydrogène en janvier 1785.

 

Dans le voyage aérien que Blanchard fit en juillet de la même année à La Haye, en Hollande, le paysan sur le champ duquel il descendit, bien moins touché de ce merveilleux spectacle que du dommage fait à quelques touffes d'herbes, déchira le ballon et fut sur le point d'assommer l'aéronaute, qui ne se tira de ses mains qu'en souscrivant un billet de dix ducats.

 

Cité en justice pour réparation du dommage, ce paysan dit aux juges : « La loi de notre pays porte, en termes formels, que tout ce qui tombe des airs ou du ciel sur un champ appartient au propriétaire de ce champ. Or M. Blanchard et son ballon sont tombés des airs dans mon champ : M. Blanchard et son ballon m'appartenaient donc. J'ai permis à M. Blanchard de se racheter moyennant dix ducats, il est clair qu'il me les doit ; et s'il me les doit, c'est que je ne lui dois rien. »

 

Ce syllogisme en bonne forme parut péremptoire. Blanchard eut le bon esprit d'en rire le premier; et l'affaire n'alla pas plus loin.

 

Illustration : Traversée de la Manche en ballon par Blanchard en janvier 1785

 

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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 17:00

Benjamin-Constant-copie-1.jpg D'après « Le Petit Français illustré »,  paru en 1900

 

Benjamin Constant, qui devait plus tard se faire un grand nom dans la littérature française, était un très mauvais écolier et faisait le désespoir de ses précepteurs.

 

L'un de ceux-ci trouva un moyen très ingénieux de l'intéresser aux études. Il lui proposa d'inventer une langue qui ne serait connue que d'eux seuls. Benjamin accepta avec enthousiasme. On commença par inventer un alphabet ; c'était le précepteur qui traçait les lettres ; on passa ensuite aux mots, puis à la grammaire et bientôt on arriva à constituer de toutes pièces une langue très harmonieuse, très belle, très riche.

 

Or, cette langue à laquelle l'élève jadis rebelle croyait avoir collaboré, n'était autre chose que celle d'Homère, le grec. Et comme Benjamin Constant le disait lui-même, son précepteur élait parvenu à lui apprendre le grec, en le lui faisant inventer.

 

Illustration : Benjamin Constant

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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 17:00

D'après « Chronique médicale », paru en 1929

 

Au livre V, chapitre XX, intitulé : Comment la Quinte Essence guérissoyt les malades par chanson, Rabelais dit en parlant d'une dame qui guérit toutes les maladies sans y toucher : « Ceste nostre royne guarit, seulement leurs sonnant une chanson selon là compétence du mal. Puis nous monstra les orgues desquelles sonnant, faisoyt ses admirables guarisons. Icelles estoient de façon bien étrange, car les tuyaux estoyent de casse en canon, le sommier de gayac, les marchettes de rheubarbe, le suppied de turbit, le clavier de scammonée. »

 

Et, selon le malade, la dame jouait une chanson qui guérissait toujours lépreux, aveugles, empoisonnés, sourds, muets, etc. Il semble, à première vue, que ce soit une satire contre les charlatans et empiriques toujours prêts à trouver un secret infaillible. Cependant, un ouvrage du XVIe siècle, de Jean- Baptiste Porta, Magia naturalis, imprimé à Naples en 1588, soit trente-cinq ans après la mort de Rabelais, cite de nombreux exemples de cures obtenues non seulement par l'effet de la musique sur les hommes ou sur les animaux, mais même au moyen d'instruments fabriqués de bois médicamenteux.

 

Lyre.jpg

 

Les douleurs sciatiques sont guéries par un instrument fait de bois de peuplier. Les lymphatiques retrouvent leurs forces en écoutant le son tiré d'un tibia de cheval ou de la tige creuse de l'ellébore. Contre la peste on use de la cithare faite en bois de vigne ou en bois de laurier. Les flûtes ou les lyres de genévrier, de frêne, de sureau ou d'os de cerf sont efficaces pour les morsures des vipères. Les instruments faits de lierre ou d'amandier sauvage guérissent l'ivresse. En bois de vigne ou de rododaphné, ils sont de puissants calmants. L'amandier et la vigne procurent le sommeil, l'ellébore tient en état de veille.

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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 16:30

Astrologue.jpg D'après « Joyeux passe-temps de la jeunesse », paru en 1864

 

Louis XI fit venir un jour un astrologue, et commanda à ses gens de ne pas manquer, à un signal qu'il leur donnerait, de se saisir de cet homme et de le jeter par les fenêtres.

 

Aussitôt que le roi l'aperçut : « Toi, qui prétends être un habile homme, lui dit-il, et qui connais le sort des autres, apprends-moi dans ce moment quel sera le tien, et combien tu as encore à vivre. »

 

Soit que l'astrologue eût été secrètement averti du dessein du roi, ou qu'il craignit quelque fatal dénouement, il se hâta de répondre, sans témoigner aucune frayeur : « Sire, je mourrai trois jours avant Votre Majesté. »

 

Le roi n'eut garde, après cette réponse, de donner aucun signal pour le faire jeter par les fenêtres ; au contraire, il eut soin de ne le laisser manquer de rien.

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