D'après « Revue du traditionnisme français et étranger », paru en
1912
De tout temps, la sagacité de nos pères a distingué, entre tous, l'art de tirer, au moment voulu, les marrons du feu. Le vieux Paris du XIIIe siècle ne croyait pas s'éveiller trop matin quand ses rues retentissaient, à l'aube, de ce joyeux cri : « J'ai chastaignes de Lombardie ! » L'amour-propre national s'en mêla et Lyon, devenu français, réussit à donner son nom aux marrons ultramontains. Les poètes, au temps de Ronsard, ne crurent pas indigne de la Muse d'accommoder des meilleures rimes les meilleures châtaignes :
Voulez-vous ouïr chansonnettes
De tous les cris de Paris ?
L’un crie : « Eh ! des allumettes ! »
L’autre : « Fusils ! bons fusils »...
« Costrets secs »... et « Beaus marrons !
« Les beaus marrons de Lyon. »
Et comme les poètes ont, pour nos oreilles, d'ingénieuses délicatesses, il leur arriva, sous Charles IX, de mettre les marrons en musique sur l'air de la volte provençale. Ils avaient essayé sous Henri II, de les mettre en « farce récréative ». Leur malice, pour cela, n'oubliait pas ses droits et ils nous assurent qu'une des annonces les plus fréquentes dont les crieurs égayaient les carrefours et les venelles, c'était : « Voici du lait... pour les nourrices ! »
D'Henri IV à Louis XV, les marrons que les marchands lyonnais tiraient du Dauphiné, du Forez et du Vivarais, faisaient prime dans la France entière. L'estomac de Paris en réclamait de somptueuses provisions. Les épiciers avaient l'honneur de les vendre en gros et les « regrattiers » de les débiter au détail, côte à côte avec les chandelles qui valaient à ces honnêtes commerçants le joli nom de « chandeliers ». On disposait pour les clients des chapelets de vingt-cinq marrons. Et les libertins eux-mêmes consentaient à égrener pieusement ces patenôtres.
Illustration : Le marchand de marrons, par Carle Vernet

Gustave Flaubert (1821-1880) ne pouvait souffrir Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889), qui, comme lui, était Normand, et, comme
lui, avait la passion du style. « Lisez donc Fromont et Risler de mon ami Daudet, et Les Diaboliques de mon ennemi Barbey d'Aurevilly, écrit-il à George Sand (lettre du
2 décembre 1874 ;
Privé des ressources que procure l'étude, il n'avait ni livres, ni encre, ni papier. Il n'avait, pour toute compagnie, qu'un
Basque qui ne savait que jouer de la musette. Il s'ennuyait à mourir. Heureusement un hôte nouveau vint lui apporter quelque consolation. C'était une araignée ; elle filait sa toile à un
soupirail qui donnait du jour à la prison. Pellisson entreprit de l'apprivoiser ; pour y parvenir, il mettait des mouches sur le bord du soupirail, tandis que son Basque jouait de la musette. Peu
à peu, l'araignée, comme familiarisée par le son de l'instrument, s'accoutuma à sortir de son trou, pour courir sur la proie qui lui était présentée.
Imprimé en 1561, l’ouvrage intitulé Missae ac missalis anatomia, contenant 172 pages in-8° ainsi qu’un errata
de quinze pages, « peut passer pour une des satires les plus amères que les protestants aient composées contre l'église romaine » et est une « traduction de l'Annotomia de la missa,
(...) traduction faite non sur la version originale [parue en 1552] mais sur la version française [parue en 1555] », nous apprend le Manuel du libraire et de l'amateur de livres (Tome 2,
1820).