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D'après « La Nature », paru en 1949
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la tactique générale exigeait, notamment lors des débarquements, une protection passive
contre les vues ennemies, qu'elles soient terrestres ou aériennes. Le brouillard naturel ne peut servir une offensive tout au plus qu'à certaines heures de la journées, et dans des conditions
particulières. Il est évident que si ce brouillard peut être utilisé par le combattant, il n'est pas disponible à volonté. Aussi fut-on conduit à chercher un moyen artificiel d'émission,
réglable, pratique et rapidement mis en oeuvre.
On constate que ce problème est fort ancien, et qu'on y apporta des solutions diverses améliorées jusqu'à la perfection des engins
actuels. La plus ancienne manœuvre sous le couvert de la fumée semble remonter à 1632 lorsque, pendant la Guerre de Trente Ans, Gustave Adolphe repoussa à Donauwerth le Capitaine-Comte allemand
Jean de Tilly, par un déplacement habile effectué derrière un écran de fumée produit par la combustion de paille humide.
On relève toute une série d'autres exemples, mais la protection ainsi obtenue était laborieuse à mettre en oeuvre, irrégulière, et
très peu compacte. Ce n'est qu'en 1916 que les Anglais fabriquèrent les premiers engins fumigènes. Plus tard, au début du dernier conflit mondial, les Allemands développèrent l'emploi de la fumée
pour couvrir leur offensive éclair en Belgique et sur notre ligne Maginot. C'est alors que les Alliés comprirent le rôle important que pouvait jouer l'émission de brouillards artificiels
dissimulant les mouvements et les effectifs d'un agresseur et aveuglant les observatoires d'un ennemi.
Illustration : fumigène employé lors de la Première Guerre mondiale