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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 17:15

D’après « Le Progrès médical », paru en 1931

Marquant notamment le millénaire de la disparition du médecin arabe Al Razi dit Rhazes (865-932), l’année 1932 prochaine offre l’occasion en juin 1931 au professeur Pierre Ménétrier (1859-1935), d’exposer comment la transmission du savoir médical de la Grèce antique aux Européens fut assurée par les Arabes.

Pierre-Menetrier.jpgDéjà avant la création de l'empire islamique, explique-t-il, d'importants foyers d'études s'étaient créés, au Ve et au VIe siècles dans l'Asie occidentale : ils étaient dus en grande partie à l'esprit philosophique et scientifique des Nestoriens – doctrine se réclamant du christianisme et affirmant que deux « personnes », l'une divine, l'autre humaine, coexistent en Jésus-Christ – persécutés à Byzance et qui avaient dû émigrer vers l'Est. Ils établirent d'abord en Mésopotamie, dans la ville d'Edesse (Orfa) un hospice public, où les élèves apprenaient la théorie et la pratique de la médecine. Ils durent par la suite se réfugier plus loin encore, jusqu'en Perse, où d'autres persécutés, les philosophes platoniciens chassés d'Athènes par l'intolérance de Justinien, s'étaient également établis. C'est là qu'ils fondèrent, vers le milieu du VIe siècle, la fameuse école médicale et scientifique de Djondisabour, doublée d'un hôpital.

Les Arabes recueillirent ce précieux héritage. Khalid ibn Yasid, le petit-fils du fondateur de la dynastie des Omniades à Damas, réputé pour son savoir en alchimie, commença à faire traduire en arabe les œuvres des savants de la Grèce antique. Il eut pour continuateurs Geber, puis Al Mamoun, fils du fameux Haroun al Rachid. C'est le Khalife Al Mamoun qui fonda l'école de Bagdad, devenue la plus florissante de l'Orient : il y avait appelé des maîtres de Djondisabour.

A partir du Xe siècle, la médecine arabe, abandonnant un peu la tradition, s'engagea dans la voie des découvertes. A la tête des novateurs se plaça Rhazes, né à Rey (Perse), qui écrivit plus de 200 ouvrages, dont la fameuse encyclopédie médicale, le Haouy, constitua l'un des manuels préférés des écoles de Salerne et de Montpellier. Après lui, il faudrait citer des centaines d'auteurs et des milliers d'ouvrages, tant le mouvement fut considérable.

Comment le flambeau de la science grecque fut-il transmis par l'intermédiaire des Arabes aux Italiens et aux Français ? Grâce aux savants qui se déplacèrent (Gerbert, d'Aurillac, allant étudier à Barcelone avant de devenir le pape Sylvestre II (999) ; Constantin l'Africain, se rendant de Carthage à Salerne (1065), et les nombreux échanges de maîtres et d'élèves qui durent avoir lieu entre les écoles d'Espagne et l'Université naissante de Montpellier). D'innombrables traductions en latin d'ouvrages arabes furent entreprises à Tolède au XIe siècle, notamment par Gérard de Crémone, sous la direction de l'évêque Raymond d'Agen.

 

Illustration : Le professeur Pierre Ménétrier, agrégé à la Faculté de médecine de Paris

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Published by Le Blog pittoresque - dans Brèves
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