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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 08:55

En 1889, une curieuse pièce administrative fut communiquée à l’Intermédiaire des chercheurs et curieux. Il s’agissait d’une lettre du maire de la ville de Saumur à un certain M. Garnier, directeur des spectacles exerçant au sein de cette même ville, et dont voici le texte :

 

Ecole-Femmes.jpg


Ce 6 septembre 1815.

 

Monsieur,

 

J’étais hier soir à la représentation que vous avez donnée de l’Ecole des Femmes, de Molière. Tout en rendant justice au mérite de cet auteur, je vous prie d’extraire pendant votre séjour dans cette ville, de votre répertoire les pièces soit de lui, soit d’autres, qui seraient dans le même style.

 

Vous ne devez pas être surpris, donnant des pièces semblables, de ne pas voir beaucoup de dames, puisque, dans ces cas-là, celles qui s’y trouvent voudraient ne pas y être.

 

J’ai l’honneur de vous saluer.

 

N. Hy Mayaud, maire

 

Illustration : Frontispice de la première édition de l'Ecole de femmes (1663)

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 08:55

D'après « Le Figaro », paru en 1913

 

Où il est question d'un charretier exerçant dans les Côtes d’Armor voici un siècle, qui se voit reprocher de recourir à 4 bœufs et 2 chevaux, l’ensemble étant en effet considéré comme un attelage de 6 chevaux...

 

Joseph Le Gloannec exerce à Gouarec (Côtes-du-Nord), la profession de charretier. Un beau jour d'octobre 1912, il se vit dresser un procès-verbal pour avoir contrevenu aux dispositions de l'article 2 de la loi du 30 mai 1851, de l'article 3 du décret du 10 août 1852, qui interdisent la circulation des voitures à deux roues servant au transport des marchandises, lorsqu'elles sont attelées de plus de cinq chevaux.

 

Que reprochait-on exactement au charretier Le Gloannec ? Simplement d'avoir fait circuler, une voiture attelée non pas de plus de cinq chevaux, mais de deux chevaux et de quatre boeufs.

 

Boeufs-Automobile.jpg

 

— Mais, disait Le Gloannec, un bœuf n'est pas un cheval ; la loi ne parle que de chevaux !

 

— Pardon, lui dit le conseil de préfecture, un bœuf ou un cheval, pour la loi, c'est la même chose.

 

Le Gloannec n'étant pas absolument convaincu, mais étant entêté, soumettait en juin 1913 cette grave question au Conseil d'Etat. Mais dix conseillers d'Etat ont été unanimes à décider, que c'est avec raison que le sieur Le Gloannec a été condamné, car, aux termes des articles des lois précités, « il ne peut être attelé aux voitures servant au transport des marchandises plus de cinq chevaux, si elles sont à deux roues ; cette disposition doit être entendue en ce sens, qu'elle prohibe l'emploi de plus de cinq bêtes de trait pour des voitures attelées, même pour partie seulement, de chevaux »

 

Le charretier Le Gloannec aura donc à payer cinq francs d'amende. Et pour ces cinq francs, il a mobilisé le Conseil de préfecture et le Conseil d'Etat.

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 08:55

D'après « Choix de mots célèbres de l'Histoire », paru en 1869

 

Jean II dit le Bon, roi de France, avait été fait prisonnier à la bataille de Poitiers qu'il avait engagée en 1356 contre les Anglais commandés par Édouard, prince de Galles, fils du roi d'Angleterre, Edouard III.

 

Emmené en Angleterre il y fut enfermé à la tour de Londres. La paix de Brétigny, conclue le 8 mai 1360, stipulait son élargissement à la condition d'une rançon de 3 millions d'écus d'or, que le roi captif s'engageait d'honneur à payer aux Anglais à son retour en France.

 

Jean-II-FB.jpg

 

Jean II, devenu libre sur la foi de cet engagement, revint à Paris le 8 octobre de la même année. Mais n'ayant pu réaliser sa rançon, il ne voulut point manquer à sa parole ; il retourna, le 3 janvier 1364, se constituer prisonnier à Londres, et y mourut le 8 avril de la même année.

 

Ce fut ce même Jean II qui, répondant aux sollicitations qu'on lui faisait de se délier de sa promesse, dit : « Si la justice et la bonne foi étaient bannies du reste du monde, il faudrait qu'on retrouvât ces vertus dans la bouche et dans le cœur des rois. »

 

Ilustration : Jean II dit « le Bon »

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 08:30

D'après « Les Modes parisiennes », paru en 1867

 

Charles Nodier, qui joignait à beaucoup d'imagination une grande science philologique, aimait à s'amuser aux petites discussions de grammaire ; dans son feuilleton du Temps, nous trouvons l'historiette suivante :

 

EcaillereIl y avait une fois cinq ou six académiciens qui avaient de l'esprit. Ces messieurs n'étaient pas d'accord sur la signification des quasi-adverbes de suite et tout de suite, contre lesquels la chambre élective avait failli, la veille, trébucher si lourdement, et ils étaient convenus de vider la question entre eux au Rocher de Cancale. J'y déjeunais tout seul dans un coin.

 

— Servez-nous tout de suite vingt-cinq douzaines d'huîtres, dit le classique.

 

— Et ouvrez-les de suite, dit le néologue, enchanté de sa variante.

 

— Expliquez-vous, messieurs, répondit l'écaillère, bonne et grosse réjouie à la figure rubiconde, qui ne s'était jamais informée des finesses du bon français, qu'autant que l'on s'en informe à Étretat ou à Granville. Si je les ouvre de suite, nous y mettrons un peu de temps. Si vous les voulez tout de suite, je ferai monter quelqu'un pour m'aider.

 

Les académiciens la regardèrent bouche béante et les bras pendants. Elle ouvrit les huîtres comme il lui plut. Je payai ma carte, et, un instant après, je retrouvai l'écaillère à la porte. « Digne et respectable femme, m'écriai-je en lui serrant la main avec cet élan d'affection que produisent quelquefois les sympathies de l'esprit, je vous passe procuration pour soutenir les intérêts de notre belle langue française par-devant la commission du dictionnaire. N'y manquez pas, je vous prie, car ils sont bien capables de faire quelque sottise ! »

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 08:55

Extrait du « Figaro » du 8 octobre 1913

 

Un électricien, Michel-Edmond Charles, demeurant 287 rue Saint-Denis, se présentait hier au palais de l'Elysée, rapporte le Figaro dans son édition du 8 octobre 1913. Un garde municipal lui demanda ce qu'il voulait.


— Ce que je veux ? Mais vous ne savez donc point que M. Poincaré est mort ? Le Président a été assassiné en Espagne : c'est moi qui le remplace.

 

Celestin-Hennion-FB.jpg

 

Le garde considéra deux secondes l'étrange personnage et très sérieusement répondit :


— Très bien. Venez avec moi chez le commissaire de police pour les formalités.

 

Et le commissaire fit entrer Charles dans son bureau. Il lui expliqua que pour remplacer le Président de la République il fallait l'autorisation de M. Hennion — Célestin Hennion (1862-1915), préfet de police et créateur des brigades mobiles plus tard désignés sous le nom de Brigades du Tigre. Le pauvre fou, accompagné d'un inspecteur prit alors un fiacre et se rendit à la Préfecture.

 

C'est ainsi que tout doucement on le conduisit à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

 

Illustration : Célestin Hennion

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 08:55

D'après « Choix d'anecdotes et faits mémorables » (tome 2), paru en 1792

 

Louis XIV, faisant la guerre en Flandres, tenait table ouverte, où tous les officiers d'une certaine qualité mangeaient les uns après les autres. Un jour, Jacques d'Allonville, plus connu sous le nom de « chevalier de Louville », bon gentilhomme de Beauce, s'étant présenté pour dîner : « Sire, dit M. de Créqui au roi, voilà M. de Louville qui souhaiterait avoir l'honneur de dîner avec votre majesté. — De quel droit ? » répondit le monarque.

 

De Créqui,n'osant rendre la réponse du roi, dit simplement au chevalier « que ce prince lui ayant parlé d'autre chose, il n'avait pu lui parler de lui. » Cependant le soir, de Créqui représenta au roi que le chevalier de Louville, non seulement était d'une bonne et ancienne maison, mais un très bon officier. Louis, intérieurement fâché de la dureté de sa réponse, lui dit de le lui présenter le lendemain.

 

Louis-XIV-copie-1.jpg

 

« M. de Louville, lui dit alors le roi, prenez place. — Sire, répondit Louville, j'ai dîné. »  La noble fierté de cette réponse étonna d'abord le roi ; mais, dit-on, loin de nuire à de Louville, elle ne servit qu'à le rendre d'autant plus estimable aux yeux de ce monarque, qui depuis lui en donna plus d'une preuve.

 

Le chevalier de Louville, après avoir servi avec distinction, tant en France qu'en Espagne, en qualité de colonel de dragons, se trouvant rendu à lui-même par la paix d'Utrecht, se retira dans une petite maison de campagne près d'Orléans, où il se livra tout entier aux mathématiques, et surtout à l'astronomie, avec le plus grand succès. Il y termina sa carrière, en 1752, à l'âge de 61 ans.

 

Illustration : Louis XIV

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 08:55

D'après « Revue de France », paru en 1871

 

Si l'on en croit le roman des Mousquetaires d'Alexandre Dumas, toutes les maisons de Paris étaient déjà numérotées sous Richelieu. Or elles ne commencèrent à l'être qu'en 1787, et ce ne fut qu'en 1805 que cette innovation fut généralisée.

 

L'Almanach dauphin ou Tablettes royales du vrai mérite et d'indication générale des artistes célèbres, pour l'année 1778, a encore recours aux anciens procédés pour indiquer les adresses, tandis que celui de 1787 emploie les numéros.

 

Remarquons cependant que les soixante-trois maisons du pont Notre-Dame firent exception dès 1512. En effet, un citoyen de Metz, Philippe de Vigneulle, nous apprend dans ses mémoires qu'elles furent alors numérotées.

 

Pont-Notre-Dame.jpg

 

« En ceste année mil Vc et XII, fut achevis le pont Nostre-Dame de Paris, lequel avoit esté cheus et fondus en la rivière, comme j'ay dit devant en l'an mil IIIIc iiijxx et XIX (1499). Et fut ledit pont la plus belle pièce d'oewre que je vis oncques et je croys qu'il n'y ait point de pareille pont à monde, sy biaulx ne sy riche et y a sus ledit pont lxiij (63) maixons, et chascune maixon sa bouticque ; lesquelles maixons avec les bouticques sont faictes sy très fort semblables et pareilles, tout en grandeur comme en largeur, qu'il n'y a rien a dire et a une chascune maixon une escripture sur son huis, faite en or et en azur, là où est escript le nombre de ycelle maixon, c'est assavoir en comptant une, ij, iij, jusques à lxiij. »

 

« On ne s'explique pas bien, dit le comte Delaborde, après avoir cité ce passage, comment un moyen aussi simple de se reconnaître dans une ville, a pu être employé dans une de ses rues (le pont Notre-Dame était une véritable rue) pendant deux siècles et demi, sans que l'idée soit venue de l'étendre à toutes les maisons. »

 

Illustration : Le Pont Notre-Dame en 1560

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 08:55

Extrait de « Histoire des Girondins » (Volume 5) par Alphonse de Lamartine, paru en 1847

 

La longueur de son interrogatoire à la Convention avait épuisé les forces de Louis XVI. Il chancelait d'inanition. Chaumette lui demanda s'il voulait prendre quelque aliment. Le roi refusa. Un moment après, vaincu par la nature en voyant un grenadier de l'escorte offrir au procureur de la commune la moitié d'un pain, Louis XVI s'approcha de Chaumette et lui demanda, à voix basse, un morceau de ce pain.

 

« Demandez à haute voix ce que vous désirez, lui répondit Chaumette, en se reculant comme s'il eût craint le soupçon même de la pitié. — Je vous demande un morceau de pain, reprit le roi en élevant la voix. — Tenez, rompez à présent, lui dit Chaumette, c'est un déjeuner de Spartiate. Si j'avais une racine, je vous en donnerais la moitié. »

 

Louis-XVI-Convention.jpg

 

On annonça la voiture. Le roi y remonta, son morceau de pain encore à la main ; il n'en mangea que la croûte. Embarrassé du reste, et craignant que s'il le jetait par la portière, on ne crût que son geste était un signal, on qu'il avait caché un billet dans la mie de pain, il le remit à Colombeau, substitut de la commune, assis en face de lui dans la voilure. Colombeau jeta le pain dans la rue.

 

« Ah ! lui dit le roi, c'est mal de jeter ainsi le pain dans un moment où il est si rare. — Et comment savez-vous qu'il est rare, lui demanda Chaumette. — Parce que celui que je mange sent la poussière. — Ma grand'mère, reprit Chaumette avec une familiarité joviale, me disait dans mon enfance : « Ne jetez jamais une miette de pain, car vous ne sauriez en faire pousser autant. — Monsieur Chaumette, dit en souriant le roi, votre grand'mère avait du bon sens, le pain vient de Dieu. »

 

Illustration : Louis XVI à la barre de la Convention (1792)

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 08:55

D'après « L'Illustration », paru en 1867

 

A Paris, avant les romans de Balzac, écrit Jules Claretie dans L'Illustration du 2 mars 1867 pas une femme n'eût osé avouer qu'elle avait trente ans. Il y a même sur cette particularité une charmante histoire, rappelée par Boissière dans une conférence sur les Femmes de Molière.

 

Les cabriolets venaient d'être mis à la mode, c'était sous Louis XV, et le bon ton voulait que toute femme conduisît son véhicule elle-même. Quelle confusion ! Les plus jolies mains étaient peut-être les plus malhabiles, et de jour en jour les accidents devenaient de plus en plus nombreux. Le roi manda, semble-t-il, d'Argenson, et le pria de veiller à la sûreté des passants.

 

Rues-Paris.jpg

 

— Je le ferai de tout mon cœur, sire, dit l'autre. Mais voulez-vous que les accidents disparaissent tout à fait ?

 

— Parbleu !

 

— Laissez-moi faire.

 

Le lendemain, une ordonnance était rendue qui interdisait à toute femme ou dame de conduire elle-même son cabriolet, à moins qu'elle ne présentât quelques garanties de prudence et de maturité, et qu'elle n'eût, par exemple, l'âge de raison, trente ans. Deux jours après aucun cabriolet ne passait dans la rue conduit par une femme. Il n'y avait pas dans tout Paris une Parisienne assez courageuse pour fouetter publiquement ses chevaux et pour avouer qu'elle avait trente ans.

 

Illustration : Une rue animée de Paris vers 1730

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 08:55

D'après « Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, françaises et étrangères » (Tome 2), paru en 1872

 

L'écrivain et journaliste Berthoud, qui fut directeur de publication du Musée des familles puis du Mercure de France, nous apprend que Georges Cuvier possédait un perroquet doué d'une intelligence vraiment remarquable, et qui tenait avec les visiteurs de son illustre maître des conversations presque suivies.

 

Installé sur un haut perchoir dans l'antichambre du grand naturaliste, à l'arrivée d'une personne il grattait gravement avec sa patte gauche sa grosse tête verte à favoris rouges, et demandait d'une voix nettement accentuée : Que veux-tu à mon maître ? Suivant la réponse qu'on lui faisait presque toujours pour abréger l'attente, il reprenait : Ne bavarde pas ! Georges n'a pas le temps ! ou bien : Va-t'en, va-t'en, voleur de temps !

 

Perroquet.jpg

 

Mais c'était à dîner qu'il déployait son intelligence, ajoute Berthoud : placé à coté de son maître, il lui prodiguait toutes sortes de tendresses, l'appelait des noms les plus affectueux, et tendait à chaque instant son gros bec pour obtenir quelque bon morceau. Au dessert, on lui servait un peu de vin dans un verre, qu'il saisissait avec l'une de ses pattes et qu'il vidait à petites gorgées et en véritable amateur. D'ordinaire ce régal le mettait en gaieté, et, j'en ai bien peur, poursuit le journaliste, lui frappait quelque peu sur le cerveau, car il riait aux éclats, bavardait à tue-tête et souvent imitait de la façon la plus comique l'accent étranger des savants allemands ou anglais que Cuvier admettait à sa table.

 

Celui-ci s'amusait beaucoup des fredaines de l'oiseau, qui ne laissait point parfois de déconcerter beaucoup ceux auxquels il s'adressait, et qui ne comprenaient guère qu'un homme de génie pût s'amuser de pareilles billevesées. J'ai vu, entre autres, confie Berthoud, M. de Humboldt sortir de table presque scandalisé, et renfonçant plus que jamais son menton solennel dans les plis de sa haute et immense cravate.

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