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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 17:30

Soldat-Cartes.jpgD'après « L'indépendance de l'Est », n° du 18 octobre 1888

 

De service dans une église et s'amusant avec un jeu de cartes, au grand scandale de ses camarades, un soldat fut dénoncé par son sergent. Appelé devant le lieutenant, à l'issue de la cérémonie, il se justifia en ces termes :

 

« Ce jeu de cartes, mon lieutenant, me sert de livre de prières, et je le porte toujours avec moi.

 

« En tirant un as, je me rappelle qu'il n'y a qu'un seul Dieu, créateur de toutes choses.

 

« Le deux me fait ressouvenir des deux larrons crucifiés avec Notre-Seigneur.

 

« Le trois me représente les trois personnes en Dieu : Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

 

« Le quatre m'annonce les quatre évangélistes : saint Mathieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean.

 

« Le cinq, les cinq plaies du divin crucifié, notre Sauveur.

 

« Quand je considère un six, je me souviens que Dieu a créé le ciel et la terre en six jours.

 

« Si c'est un sept que je retourne, je pense encore au Tout-Puissant, qui, la création terminée, s'est reposé le septième jour, et je me rappelle aussi qu'il y a sept sacrements.

 

« Si mes yeux se fixent sur un huit, les huit justes échappés au déluge me reviennent à l'esprit.

 

« Le neuf me fait songer aux neuf vierges qui vinrent adorer Jésus-Christ.

 

« Le dix, aux dix commandements de Dieu.

 

« Chaque valet est pour moi un des indignes suppôts de Caïphe et de Pilate, qui osèrent cracher au visage de notre Rédempteur.

 

« La reine, c'est la reine de Saba, accourue de l'Orient pour admirer la sagesse de Salomon.

 

« Le roi me remet en mémoire les rois mages se prosternant dans l’étable aux. pieds du Céleste Enfant, preuve de tout le respect et du culte qu'on lui doit.

 

« Si je compte le nombre des points dans un jeu de cartes, je trouve qu'il y en a 365, autant qu'il y a de jours dans l'année.

 

« Si je considère le nombre de cartes, j'en trouve 52, autant que de semaines.

 

« Enfin les douze figures me représentent les douze apôtres.

 

« Ainsi, vous le voyez, mon lieutenant, mon jeu de cartes me sert tout à la fois de livre de prières et d'almanach. »

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 17:00

D'après « Le Petit Français illustré », paru en 1901

 

Un jour Napoléon, fort mécontent à la lecture d'une dépêche de Vienne, dit à Marie-Louise d’Autriche, sa seconde épouse (impératrice des Français de 1810 à 1814) : « Votre père est une ganache », ganache signifiant personne incapable.

 

Marie-Louise.jpgL'impératrice, qui ignorait beaucoup de termes français, s'adresse à un conseiller d'État et lui demande la signification du mot ganache, en lui disant dans quelle circonstance l'empereur l'a employée. A cette demande inattendue, le courtisan balbutie que cela veut dire «un homme sage, de poids, de bon conseil ».

 

Quelques jours après, la mémoire encore toute fraîche de sa nouvelle acquisition, Marie-Louise, présidant le conseil d'Etat, et voyant la discussion plus animée qu'elle ne voulait, interpelle, pour y mettre fin, Cambacérès, Prince-Archichancelier de l'Empire qui, à ses côtés, bayait tant soit peu aux corneilles :

 

« C'est à vous à nous mettre d'accord dans cette occasion importante, lui dit-elle, vous serez notre oracle ; car je, vous liens pour la première et là meilleure ganache de l'empire. »

 

Illustration : L'impératrice Marie-Louise d'Autriche

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:45

 

Dans un chapitre de son volume Voyages, Victor Hugo passe toutes les lettres de l’alphabet en revue une à une, et en fait une très pittoresque description : « La société humaine, le monde, l’homme tout entier est dans l'alphabet. La maçonnerie, l'astronomie, la philosophie, toutes les sciences ont là leur point de départ, imperceptible, mais réel ; et cela doit être. L'alphabet est une source.

 

Lettre-O.jpg« A, c'est le toit, le pignon avec sa traverse, l'arche, arx ; ou c'est l'accolade de deux amis qui s'embrassent et qui se serrent la main ;

« B, c'est le D sur le D, le dos sur le dos, la bosse ;

« C, c'est le croissant, c'est la lune ;

« D, c'est le dos ;

« E, c'est le soubassement, le pied-droit, la console et l'étrave, l'architrave, toute l'architecture à plafond dans une seule lettre ;

« F, c'est la potence, la fourche, furca ;

« G, c'est le cor ;

« H, c'est la façade de l'édifice avec ses deux tours ;

« I, c'est la machine de guerre lançant le projectile ;

« J, c'est le soc et c'est la corne d'abondance ;

« K, c'est l'angle de réflexion égal à l'angle d'incidence, une des clefs de la géométrie ;

« L, c'est la jambe et le pied ;

« M, c'est la montagne, ou c'est le camp, les tentes accouplées ;

« N, c'est la porte fermée avec sa barre diagonale ;

« O, c'est le soleil ;

« P, c'est le portefaix debout avec sa charge sur le dos ;

« Q, c'est la croupe avec la queue ;

« R, c'est le repos, le portefaix appuyé sur son bâton ;

« S, c'est le serpent ;

« T, c'est le marteau ;

« U, c'est l'urne ;

« V, c'est le vase (de là vient que l’u et le v se confondent souvent) ;

« X, ce sont les épées croisées, c'est le combat ; qui sera le vainqueur ? on l’ignore ; aussi les hermétiques ont-ils pris X pour le signe du destin, les algébristes pour le signe de l’inconnu ;

« Y, c'est un arbre ; c'est l'embranchement de deux routes, le confluent de deux rivières ; c'est aussi une tête d'âne ou de bœuf ; c'est encore un verre sur son pied, un lys sur sa tige, et encore un suppliant qui lève les bras au ciel ;

« Z, c'est l'éclair, c'est Dieu. »

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 17:30

Pieces-Or.jpgD'après « Essai historique et moral sur l'éducation française », paru en 1777

 

Richard de Bury, auteur du XVIIIe siècle qui écrivit notamment une Histoire de Saint-Louis ainsi qu’une Histoire de Henri IV, rapporte dans son Essai historique et moral sur l’éducation française, l’anecdote suivante :

 

Une femme fort pauvre, mais qui avait la consolation d'avoir une fille aimable, dont les grâces modestes annonçaient la sagesse, se présenta avec cette jeune personne à l’audience du cardinal Farnèse. Elle lui exposa qu'elle était sur le point d'être renvoyée avec sa fille d’un petit appartement qu'elles occupaient chez un homme fort riche, parce qu'elle ne pouvoir lui payer cinq écus qui lui étaient dus. Le ton d'honnêteté avec lequel elle faisait connaître son malheur, fit apercevoir aisément au cardinal qu'elle n'y était tombée que parce que la vertu lui était plus chère que les richesses.

 

Il écrivit un billet, et la chargea de le porter à son intendant. Celui-ci l'ayant ouvert, compta sur-le-champ cinquante écus. « Monsieur, lui dit cette femme, je ne demandais pas tant à Monseigneur, et certainement il s'est trompé. » Il fallut, pour la tranquilliser, que l'intendant allât lui-même avec cette femme parler au cardinal. Son Eminence reprenant son billet, dit : « Il est vrai, je m’étais trompé, le procédé de Madame le prouve. » Et au lieu de cinquante écus, il en écrivit cinq cents, qu'il engagea la vertueuse mère d'accepter pour lui aider à marier sa fille.

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:30

Francois-Ier.jpgLe 24 février 1525, François Ier était fait prisonnier à Pavie, cependant que le roi s’était lancé au galop à l’assaut des rangs adverses et que les tirs de l’artillerie française avaient cessé pour ne pas risquer de le blesser.

 

Les Espagnols en avaient profité pour encercler le monarque. Transféré en Espagne, il devient l'otage de Charles Quint (il sera libéré après la signature du traité de Madrid l’année suivante).

 

On dit que les Espagnols, pour humilier François Ier captif, avaient obtenu qu’on baisserait la porte de sa chambre, afin que le roi fût obligé de s’incliner pour sortir, geste que les personnes du dehors ne manqueraient pas de prendre pour un salut.

 

Le roi, ajoute-t-on, déconcerta toutes leurs mesures ; il sortit à reculons, le dos tourné aux grands d’Espagne.

 

Illustration : François Ier

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 18:00

Francis-Bacon.jpgC'est la devise que l'on est convenu d'attribuer à Bazile, bien qu'elle ne se trouve pas formulée dans sa fameuse tirade sur la calomnie dans le Barbier de Séville (acte II, scène VIII) de Beaumarchais, pièce représentée pour la première fois le 23 février 1775.

 

Ce dicton était cependant déjà populaire au commencement du XVIIe siècle. Francis Bacon (1561-1626), dans son traité De la dignité et de l’accroissement des sciences (1623), livre VIII, chapitre II, à la suite d'une étude sur les paraboles de Salomon, passe en revue quelques proverbes et s'exprime ainsi :

 

« Comme on dit ordinairement : Va ! calomnie hardiment, il en reste toujours quelque chose (audacter calumniare, semper aliquid haeret) ; on peut dire aussi par rapport à la jactance : Crois-moi, vante-toi hardiment, il en reste toujours quelque chose. » (Traduction du Panthéon littéraire)

 

Illustration : Francis Bacon

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 17:00

Traversee-Blanchard.jpgLe 2 mars 1784, la foule rassemblée sur le Champ de Mars à Paris assistait à l’ascension d’un aérostat habité construit par Jean-Pierre Blanchard et mesurant 27 pieds de diamètre. Le ballon franchit la Seine et revient pour se poser rue de Sèvres. L’expérience fut renouvelée à Rouen, puis à Londres, avant que le téméraire aéronaute n'enregistrât un succès notoire dans la traversée de la Manche avec un ballon gonflé à l’hydrogène en janvier 1785.

 

Dans le voyage aérien que Blanchard fit en juillet de la même année à La Haye, en Hollande, le paysan sur le champ duquel il descendit, bien moins touché de ce merveilleux spectacle que du dommage fait à quelques touffes d'herbes, déchira le ballon et fut sur le point d'assommer l'aéronaute, qui ne se tira de ses mains qu'en souscrivant un billet de dix ducats.

 

Cité en justice pour réparation du dommage, ce paysan dit aux juges : « La loi de notre pays porte, en termes formels, que tout ce qui tombe des airs ou du ciel sur un champ appartient au propriétaire de ce champ. Or M. Blanchard et son ballon sont tombés des airs dans mon champ : M. Blanchard et son ballon m'appartenaient donc. J'ai permis à M. Blanchard de se racheter moyennant dix ducats, il est clair qu'il me les doit ; et s'il me les doit, c'est que je ne lui dois rien. »

 

Ce syllogisme en bonne forme parut péremptoire. Blanchard eut le bon esprit d'en rire le premier; et l'affaire n'alla pas plus loin.

 

Illustration : Traversée de la Manche en ballon par Blanchard en janvier 1785

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 17:00

Benjamin-Constant-copie-1.jpgD'après « Le Petit Français illustré »,  paru en 1900

 

Benjamin Constant, qui devait plus tard se faire un grand nom dans la littérature française, était un très mauvais écolier et faisait le désespoir de ses précepteurs.

 

L'un de ceux-ci trouva un moyen très ingénieux de l'intéresser aux études. Il lui proposa d'inventer une langue qui ne serait connue que d'eux seuls. Benjamin accepta avec enthousiasme. On commença par inventer un alphabet ; c'était le précepteur qui traçait les lettres ; on passa ensuite aux mots, puis à la grammaire et bientôt on arriva à constituer de toutes pièces une langue très harmonieuse, très belle, très riche.

 

Or, cette langue à laquelle l'élève jadis rebelle croyait avoir collaboré, n'était autre chose que celle d'Homère, le grec. Et comme Benjamin Constant le disait lui-même, son précepteur élait parvenu à lui apprendre le grec, en le lui faisant inventer.

 

Illustration : Benjamin Constant

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 17:00

D'après « Chronique médicale », paru en 1929

 

Au livre V, chapitre XX, intitulé : Comment la Quinte Essence guérissoyt les malades par chanson, Rabelais dit en parlant d'une dame qui guérit toutes les maladies sans y toucher : « Ceste nostre royne guarit, seulement leurs sonnant une chanson selon là compétence du mal. Puis nous monstra les orgues desquelles sonnant, faisoyt ses admirables guarisons. Icelles estoient de façon bien étrange, car les tuyaux estoyent de casse en canon, le sommier de gayac, les marchettes de rheubarbe, le suppied de turbit, le clavier de scammonée. »

 

Et, selon le malade, la dame jouait une chanson qui guérissait toujours lépreux, aveugles, empoisonnés, sourds, muets, etc. Il semble, à première vue, que ce soit une satire contre les charlatans et empiriques toujours prêts à trouver un secret infaillible. Cependant, un ouvrage du XVIe siècle, de Jean- Baptiste Porta, Magia naturalis, imprimé à Naples en 1588, soit trente-cinq ans après la mort de Rabelais, cite de nombreux exemples de cures obtenues non seulement par l'effet de la musique sur les hommes ou sur les animaux, mais même au moyen d'instruments fabriqués de bois médicamenteux.

 

Lyre.jpg

 

Les douleurs sciatiques sont guéries par un instrument fait de bois de peuplier. Les lymphatiques retrouvent leurs forces en écoutant le son tiré d'un tibia de cheval ou de la tige creuse de l'ellébore. Contre la peste on use de la cithare faite en bois de vigne ou en bois de laurier. Les flûtes ou les lyres de genévrier, de frêne, de sureau ou d'os de cerf sont efficaces pour les morsures des vipères. Les instruments faits de lierre ou d'amandier sauvage guérissent l'ivresse. En bois de vigne ou de rododaphné, ils sont de puissants calmants. L'amandier et la vigne procurent le sommeil, l'ellébore tient en état de veille.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 16:30

Astrologue.jpgD'après « Joyeux passe-temps de la jeunesse », paru en 1864

 

Louis XI fit venir un jour un astrologue, et commanda à ses gens de ne pas manquer, à un signal qu'il leur donnerait, de se saisir de cet homme et de le jeter par les fenêtres.

 

Aussitôt que le roi l'aperçut : « Toi, qui prétends être un habile homme, lui dit-il, et qui connais le sort des autres, apprends-moi dans ce moment quel sera le tien, et combien tu as encore à vivre. »

 

Soit que l'astrologue eût été secrètement averti du dessein du roi, ou qu'il craignit quelque fatal dénouement, il se hâta de répondre, sans témoigner aucune frayeur : « Sire, je mourrai trois jours avant Votre Majesté. »

 

Le roi n'eut garde, après cette réponse, de donner aucun signal pour le faire jeter par les fenêtres ; au contraire, il eut soin de ne le laisser manquer de rien.

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