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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:30

D'après « Revue des traditions populaires », paru en 1905

 

Une légende du Bourbonnais met en scène Gargantua revenant du Forez, ayant grande soif, se trouvant à Briailles (coteau naturel sur la rive gauche de l’Allier, en face de Chazeuil-Varennes), et s'appuyant un pied sur le sommet de la colline et l'autre sur le château de Chazeuil (la distance à vol d’oiseau est de 4km environ) ; en enjambant l'Allier, il se pencha pour boire l'eau de la rivière. Mais des bateaux chargés de poudre et de munitions pour le siège d'Orléans (1429), et qui descendaient l'Allier, se trouvaient de passer à ce moment entre les jambes du géant ; lequel, sans y prendre garde, les avala avec leurs charges et les bateliers.

 

Son ventre se ballonna, et il se trouva si mal à l'aise, qu'il fit appeler son médecin. C'était la nuit ; celui-ci arriva en toute hâte, et il fut obligé pour bien examiner son malade, de faire allumer un grand nombre de chandelles, et en s'approchant de trop près de son malade, le feu se communiqua aux barils de poudre qu'il avait avalés, il en résulta une terrible explosion qui transporta la terre sur la rive gauche de l'Allier et qui forma la côte de Breux, près de Saint-Pourçain, et qui s'étend de cet endroit jusqu'à Chatel-de-Neuvre, et Gargantua fut immédiatement soulagé.

 

Gargantua.jpg

 

L'épisode du médecin entrant dans le ventre du géant se retrouve dans un récit assez romanesque de Mme de Cerny, Saint Suliac et ses Traditions (1861) ; dans Gargantua dans les Traditions Populaires de Paul Sébillot : avec des explosions, dans la partie consacrée aux légendes du Poitou et du Nivernais ; l'explosion sans intervention du médecin figure dans la partie consacrée à la Haute-Bretagne et à l'Hérault.

 

L'assimilation de Gargantua, au siège d'Orléans, est chose assez singulière. L'on sait que Jeanne d'Arc avait demandé des secours aux échevins de Moulins et à ses chiers et bons amis de Riom (Jeanne d’Arc en Bourbonnais, par F. Pérot, édition de 1901) ; en effet, les registres des receveurs de la ville de Clermont de l'année 1429 portent à la date du 7 novembre : Memoyre suit que la Pucelle Jehanne messaige de Dieu et mons. de Le Bret (d'Albret), envoièrent à la ville de Clermont une lectre fesant mencion que la ville leur voulait aider de pouldre de canon, etc.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:00

D'après « Les originaux de la dernière heure », paru en 1860

 

La veuve d'Adam Dupuis, sieur de Roquemont, qui avait été en grande réputation comme joueuse de luth et de harpe, laissa une fortune considérable, dont elle disposa de la façon la plus saugrenue. Voici en effet quelques passages de la singulière pièce qui renferme ses dernières volontés et dont le paragraphe final est un modèle du genre :

 

« Item, je donne et lègue à Jeanne, ma commère, quinze francs une fois payés, afin qu'elle prie Dieu pour moi. Je veux qu'ils portent le deuil de moi, un an durant, le mari et la femme, et qu'ils suivent mon corps. C'est elle qui m'a donné de bon lait d'ânesse. »

 

Chats.jpg

 

La testatrice prend ici à partie une demoiselle inconnue : « Je vous défends de venir chez moi : je vous ai donné un manteau de taffetas, doublé de ouate, une jupe de brocart, des rubans couleur de feu et jaune ; vous étiez mal habillée, et comme un haillon, comme une puante, une vilaine, une infâme ; ceux qui vous ont donné à cause de vos beaux yeux et de votre petite bouche étaient aveugles. »

 

« Je prie, dit-elle en terminant, je prie mademoiselle Bluteau, ma sœur, et madame Calonge, ma nièce, d'avoir soin de mes chats. S'ils sont deux, il faudra leur donner trente sous par moi, afin qu'on les nourrisse bien. On leur donnera deux fois du potage à la chair, de même que nous en mangeons ; mais il faut donner séparément, chacun sur une assiette. Il faut que le pain ne soit pas coupé en soupe ; il faut le mettre en gros morceaux comme de petites noix : autrement ils ne le mangeraient pas. Quand on leur a mis du bouillon du pot, et que le pain trempe, on met un peu de chair menue dans le potage, on le couvre bien, on le laisse mitonner jusqu'à ce qu'il soit bon à manger. S'il n'y a qu'un chat, il ne lui faudra que la moitié de l'argent. »

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:31

D'après « Le Pays poitevin », paru en 1898

 

L'imposante forteresse Salbart est située à 7km de Niort, au pied d'un coteau dont le sommet est occupé par le village de Terneteuil, sur les bords de la Sèvre. Sa construction remonte aux dernières années du XIIe siècle ou au commencement du XIIIe, comme le démontre la forme ogivale de ses ouvertures. Un seul souvenir historique s'y rattache, celui de Jean V, duc de Bretagne, qui y fut retenu prisonnier pendant quelques jours, se rendant à Clisson.

Salbart.jpg

 

D'après la légende, Salbart fut construit en trois nuits par la fée Mélusine, qui, au clair de la lune, apportait les pierres dans la dorne de son tablier. Le 13 juin 1897, cette légende fut rajeunie poétiquement par le Comité poitevin d'Ethnographie, qui fêta, dans le merveilleux décor frmé par ces ruines, la cinquantaine d'un poète niortais, ami des champs et des moeurs rurales : Emile du Tiers.

Ce soir-là, le blanc fantôme de la fée poitevine apparut au sommet des tours, au milieu des flammes triomphales, et disparut dans les airs aux yeux émerveillés des habitants et des curieux accourus de toutes parts.

 

Illustration : ruines du château Salbart

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 17:00

Comte-Clermont.jpgEn 1897, Eugène Muller explique dans ses Curiosités historiques et littéraires que « la franc-maçonnerie, dont les constitutions sont aujourd'hui de notoriété générale, crut longtemps elle-même qu'il importait à sa force d'entourer d'un profond mystère ses dogmes et ses rites. Aussi grand émoi au sein de cette association lorsque, vers 1750, un petit livre parut à Paris qui, sous ce titre, Le Secret des francs-maçons révélé, ne laissait rien ignorer au public des choses que les associés avaient jusqu'alors cachées avec tant de soin.

« La publication de cet écrit répandit l'alarme dans toutes les loges. Le Grand Orient de France, dont un prince du sang était grand maître [le comte de Clermont], s'assembla en toute hâte pour délibérer à ce sujet. On délibéra solennellement, et l'on trouva que le moyen de parer le coup terrible porté à l'institution était de semer rapidement dans le public une vingtaine de petits ouvrages portant un titre analogue, ayant à peu près la même étendue et imprimés dans le même format, mais différant tous les uns des autres, quant aux assertions du texte, pour faire disparaître la vérité, en la noyant dans un océan de fictions et de mensonges.

« Cette pressante besogne fut répartie entre les frères lettrés que l'on jugea les plus capables de la bien faire. On composa, on imprima, on publia tous ces livrets en quelques jours. La chose réussit à souhait. Le véritable catéchisme des francs-maçons se perdit dans la multitude des faux, qui se contredisaient tous à qui mieux mieux, et il ne fut plus possible de le reconnaître. »

 

Illustration : Le comte de Clermont, « Grand Maître de toutes les loges régulières de France » entre 1743 et 1771

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:00

Crepes.jpgD'après « Les Annales politiques et littéraires », paru en 1922

 

On dit que les traditions se perdent... N'empêche que le jour de la Chandeleur chacun mettra la main à la pâte pour sacrifier joyeusement à la vieille coutume. Et les crêpes vont sauter, apportant promesse de bonheur à ceux qui les retourneront sans anicroches.

Rappelons, à ce propos, la mésaventure de Napoléon, en 1812. L'empereur était allé à Malmaison rendre à l'impératrice Joséphine une de ces visites où les deux époux divorcés trouvaient encore quelque joie. On fit des crêpes pour fêter la Chandeleur.

Superstitieux, Napoléon se mit à la besogne. Une, deux, trois crêpes réussies : autant de batailles gagnées dans cette campagne de Russie qu'il achevait de préparer... Mais, patatras ! la quatrième, mal dirigée, retomba lamentablement sur la tôle rougie où elle se calcina. Savoir si, lors de l'incendie de Moscou, l'empereur ne songea point à la crêpe manquée de la Chandeleur !

Notons encore, pour ceux qui attachent quelque importance à ces aimables pratiques, que c'est aujourd'hui que les bouquets de gui recueillis pour Noël doivent être réduits en cendre. S'ils omettent cette formalité indispensable...

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 17:00

Un opuscule anonyme publié en 1688 sous le titre de Connaissance et Culture parfaite des tulipes, anémones, œillets, oreilles-d’ours, et dédié au célèbre Le Nôtre, nous apprend que « les anémones (anemone coronaria) nous sont venues de Constantinople. M. Bachelier, grand curieux de fleurs, les en apporta il y a environ quarante ans (soit 1640). Il apporta de ce même voyage le marron qui produisit, au pied de la tour du Temple le marronnier d’Inde qui fut le père de tous ceux qui sont en France et dans les Etats voisins.

« Nos illustres curieux visitaient assidûment le jardin de M. Bachelier ; ils furent émerveillés de voir la floraison des anémones. Quelques anémones doubles qui se trouvèrent parmi les simples furent cause que M. Bachelier voulut les augmenter pendant huit ou dix ans avant que d’en vendre ; mais l’ardeur des autres curieux fut trop véhémente pour admettre un terme aussi long  et quand l’argent ne peut rien, l’adresse se met du jeu. L’invention dont se servit un de nos curieux, conseiller au parlement, est trop spirituelle pour être tue.

Anemone-Coronaria.jpg

 

« Cette graine ressemble exactement à de la bourre ; elle en porte même le nom et, quand elle est tout à fait mûre, elle s’attache facilement aux étoffes de laine. Ce conseiller alla donc voir les fleurs de M. Bachelier, dont la graine était tout à fait mûre. Il y a alla en robe de drap de palis (étoffe un peu poilue) et commanda à son laquais de la laisser traîner. Quand ces messieurs furent arrivés vers les anémones fleuries, on mit la conversation sur une plante qui attira loin de là les yeux de M. Bachelier, et d’un tour de robe on effleura quelques têtes d’anémones, qui laissèrent de leurs grains à l’étoffe.

Le laquais, qui avait été sermonné d’avance, reprit aussitôt la queue de la robe, la graine se cacha dans les replis, et M. Bachelier ne se douta de rien. Mais la multiplication de ses fleurs lui apprit plus tard qu’il avait été victime d’un tour d’adresse. »

 

Illustration : Anemone coronaria

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 17:00

Cheval-Blanc.jpgD'après « Revue de folklore français », paru en 1932

 

La coutume du Cavalier au Cheval Blanc en Moselle se perpétuait encore au début du XXe siècle dans certains villages du département. Voici en quoi elle consiste :

Lorsqu’un époux habitant ces communes, coupable ou non, est battu par sa femme, un homme du village monte un cheval blanc, avec ou sans selle, et se promène lentement et fier comme Artaban à travers toutes les rues du village et ce plusieurs fois. Cette démonstration a lieu généralement à la tombée de la nuit lorsque les paysans sont rentrés des champs si ce n'est pas l'hiver.

C'est une admonestation particulière à l'égard des épouses un peu trop promptes de la main, du poing ou du pied. Il paraît que cette façon de procéder du « Cavalier au cheval blanc » leur sert de cure radicale, car jamais les mégères ne recommencent. Il va sans dire que le cavalier est suivi par les enfants et les jeunes gens qui crient et sifflent à qui mieux mieux, ce qui attire les gens sur le pas de leur porte pour s'enquérir du nom de l'héroïne du jour, dont les exploits sont jugés par le « Cavalier au cheval blanc ».

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 17:00

Legion-Honneur-copie-1.jpgLa première distribution de croix de la Légion d'honneur eut lieu le 14 juillet 1804. C'était la saison des oeillets rouges ; les jeunes gens en mettaient à leurs boutonnières, ce qui fit qu'ils recevaient à distance les honneurs militaires rendus par des factionnaires inattentifs.

Instruit des railleries qui en résultaient et du mécontentement des soldats, Napoléon ordonna au ministre de la police de prendre à l'égard de ces malappris les mesures les plus sévères. Avisé, Fouché déclara à l'Empereur que « certainement ces jeunes gens méritaient d'être châtiés, mais qu'il les attendait à l'automne qui allait arriver ». Cette saillie dérida le maître mécontent. Il ne fut plus question des oeillets protestants.

Mais les gens du monde (mondain et littéraire) laissèrent couler des flots de sarcasmes, d'épigrammes et de bons mots – du moins prétendus tels. La plus enragée de tous et de toutes fut nulle doute, Mme de Staël. « Vous êtes des honorés », disait-elle le lendemain d'une promotion généreuse dont bénéficièrent plusieurs de ses amis. Et La Fayette, auquel on voulait offrir le petit ruban rouge, refusa hautainement le déclarant « ridicule » !

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 17:00

D'après « Un salon de Paris : 1824 à 1864 », paru en 1866

 

Tandis que Louis Auger, secrétaire perpétuel de l'Académie française depuis 1826, était ce qu'on appelait un homme lettré et n'avait pas fait d'ouvrages, mais seulement des commentaires et des notes sur les ouvrages des autres, on s'amusa à raconter sur lui une anecdote assez plaisante, rapporte la romancière et mémorialiste Virginie Ancelot qui tint un des derniers grands salons littéraires de Paris.

Louis-Auger.jpgUn jour de séance publique à l'Académie française, un étranger – un Russe, selon la Biographie des quarante (1826) –, la voyant présidée par Auger et sachant qu'il était au faîte des honneurs académiques, fut tout honteux d'ignorer jusqu'à son nom, et courut chez un libraire lui demander les ouvrages de M. Auger. Le libraire publiait alors une édition de Molière, où Auger avait ajouté quelques notes, et il profita de l'occasion d'en placer un exemplaire. Avant de rendre visite à l'académicien, l'étranger dévore les volumes, puis il court chez Auger, et s'écrie :

– Ah ! monsieur, quels ouvrages ! comme vous avez surpris la nature sur le fait ! comme vos personnages sont vrais ! Que de talent, d'esprit, de génie même ! et que je suis heureux de voir un homme tel que vous ! Je veux vous en témoigner ma joie et ma reconnaissance par un petit conseil ; c'est celui de faire disparaître les stupides notes qu'a mises à vos chefs-d'œuvre un M. Auger, qui ne vous comprend seulement pas.

Cette anecdote amusa beaucoup les confrères d'Auger, lequel avait tout, explique encore Mme Ancelot : une femme jeune, jolie et sage, une fortune brillante, les fonctions de secrétaire perpétuel de l'Académie, ce qui lui donnait crédit, influence, considération et agrément..., il possédait tout ce qu'il avait souhaité ; en jouir le plus longtemps possible devait être son vœu le plus naturel.

Eh bien ! Que pensez-vous qu'il fit alors ? Oh ! nul ne le devinerait : il se tua ! Un dégoût singulier de la vie lui prit toute l'âme. Il essaya d'exprimer, dans quelques mots qu'il écrivit, cet invincible ennui, puis il alla sejeter dans la Seine !

 

Illustration : Louis Simon Auger

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 17:00

Il était à Paris, au XIXe siècle, une profession curieuse. Un témoin de l’époque rapporte qu’ayant été rendre visite à Nestor Roqueplan (1804-1870), qui fut rédacteur en chef du Figaro vers 1830, directeur de l'Opéra Comique et du Châtelet, s’amusa à regarder quelques cartes de visite jetées dans un grand plat de porcelaine du Japon, lorsqu’il fut frappé par une carte de physionomie fort élégante portant un nom surmonté d'une couronne de comte et une qualification singulière :
Nestor-Roqueplan.jpg
« Gustave de Crussol, Quatorzième, Rue du Helder, n°... » Quatorzième ? se demanda-t-il. Quatorzième ?... Si sous ce nom avait été inscrit secrétaire d'ambassade, notre témoin l’aurait compris. Mais quatorzième, s’interrogeait-il, cela signifie-t-il quatorzième du nom ?

– Du tout, expliqua Nestor Roqueplan, Gustave de Crussol est un jeune homme de beaucoup d'esprit, un causeur aimable. Il cause avec passion, avec plaisir, avec succès. Il sait parler toutes les langues, il sait toutes les nouvelles, tous les cancans, tous les scandales ; il sait l'anecdote du jour avant tout le monde, il la fait au besoin. Il est tombé de ses lèvres vaillantes plus de mots spirituels qu'on n'en prête aux hommes d'esprit qui n'en font pas.

– Cela ne m'explique pas le quatorzième, répliqua le visiteur

– Paresseux et désintéressé, Gustave de Crussol a trouvé moyen de vivre de son esprit : il s'est fait quatorzième, c'est-à-dire qu'il est de tous les dîners où sans lui on serait treize à table. Il laisse sa carte chez tous les hommes qui, comme moi, ont horreur du nombre treize, chez tous les gens riches qui donnent à dîner. Il a une mise élégante, des manières exquises ; il est déjà connu, et il ne se passe pas de jour qu'il ne soit de quelque excellent dîner. Il est si amusant, que je connais des gens qui n'invitent que treize personnes pour avoir leur cher quatorzième.

 

Illustration : Nestor Roqueplan, par le caricaturiste et photographe Nadar

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