Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 17:00

Marie-Antoinette.jpgLa légende affirme que la reine Marie-Antoinette vit sa chevelure devenir blanche dans la nuit qui précéda sa montée sur l'échafaud, le 16 octobre 1793.

Mais Sainte-Beuve, nous apprend dans ses Causeries du lundi que son dernier éclair de joie et d'espérance avait été au voyage de Varennes. Au moment où ce voyage tant différé allait s'exécuter enfin, vers minuit, la reine, traversant le Carrousel à pied pour aller trouver la voiture préparée pour la famille royale par M. de Fersen, rencontra celle de M. de La Fayette qui passait : elle la remarqua, « et elle eut même la fantaisie, avec une badine qu'elle tenait à la main, de chercher à toucher les roues de la voiture. »

Pour Sainte-Beuve, c'était une innocente vengeance. Ce coup de badine fut comme sa dernière gaieté de jeune femme, ajoute-t-il. A trois jours de là, que l'aspect était différent ! Au moment où Mme Campan la revit après le retour de Varennes, la reine ôta son bonnet, et lui dit de voir l'effet que la douleur avait produit sur ses cheveux : « en une seule nuit, ils étaient devenus blancs comme ceux d'une femme de soixante-dix ans. » Elle en avait trente-six.

 

Illustration : Marie-Antoinette

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 17:00

Avinain.jpg« N’avouez jamais ! » : telle est la parole fameuse jetée à la foule, du haut de l'échafaud, par le boucher Avinain né le 14 octobre 1798 à Torcy (Seine-et-Marne), exécuté à Paris le 29 novembre 1867 pour meurtres et actes de barbarie. Le journal le Droit du même jour rend compte en ces termes de l’exécution :

« Ce matin, à sept heures, a eu lieu, sur la place de la Roquette, l'exécution de l'ancien boucher Avinain, dit Davinain, condamné à la peine de mort par arrêt de la Cour d'assises de la Seine du 26 octobre dernier, pour crimes d'assassinats et de vols. Il était persuadé que ses aveux lui mériteraient sa grâce et il vivait sans inquiétude dans sa prison. Quand on lui a annoncé que son pourvoi en cassation et son recours en grâce avaient été successivement rejetés et que sa dernière heure était venue, une certaine pâleur s'est répandue sur son visage.

« Il s'est levé silencieusement et s'est laissé habiller, puis il a dit qu'il regrettait vivement d'avoir fait des aveux. Ceux qui avouent, s'est-il écrié, sont exécutés ;quant à ceux qui nient, on ne leur fait rien... Avinain a gravi assez courageusement les degrés de l'échafaud. Arrivé sur la plate-forme, il s'est tourné vers le public et il a dit d'une voix forte : « Messieurs, n'avouez jamais ! »

 

Illustration : Jean-Charles Avinain

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 17:00

Les producteurs américains prennent souvent avec la vérité historique des libertés regrettables et ils ne s'effraient pas de certains anachronismes, remarque un chroniqueur du Petit Journal en 1935.

Rencontre-Philippe-Richard.jpgVoici le dernier en date, poursuit-il. On tourne actuellement, à Hollywood, un grand film sur les croisades. Le cinéaste américain a pris pour thème la troisième Croisade dite des trois rois, car Philippe-Auguste, Frédéric Barberousse [empereur germanique] et Richard Coeur de Lion [roi d'Angleterre] y participèrent – elle se déroula de 1189 à 1192, visant à reprendre Jérusalem et la Terre sainte à Saladin.

Au début du film, Pierre l'Ermite prêche la croisade. On a édifié un gigantesque décor représentant la cour du château de Windsor... Devant l'Ermite se tient un jeune homme de haute stature dont le riche blason porte les trois lions d'or d'Angleterre : c'est le roi d'Angleterre Richard Coeur de Lion.

A cela près que, comme l'aurait appris aux auteurs du film un simple manuel d'histoire à l'usage des enfants des écoles primaires, se gausse notre journaliste, Pierre l'Ermite prêcha la première Croisade et mourut en 1115. On trouvera exagéré de le faire ressusciter pour le faire apparaître en 1190, à Windsor, à la cour du roi Richard.

 

Illustration : Rencontre de Philippe-Auguste et de Richard Coeur de Lion (Extrait des « Histoires d'Outremer », par Guillaume de Tyr)

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 17:00

D'après « Les Ardennes françaises », paru en 1928

 

Condé eut à Rocroi sa première « illumination de génie » qui devait valoir à nos armes tant de succès sur les champs de bataille ; ce coup d’œil du Chef qui fait capituler le sort et rendre les armes, un vrai regard d'aigle. La cavalerie française était excellente pour renverser impétueusement les cavaliers espagnols, tourner l'infanterie au centre et charger par derrière l'aile droite qui se croyait déjà victorieuse. Les dragons français y remportèrent leur première victoire. Ils ont continué depuis.

Les Français remportèrent donc sur les Espagnols, qui passaient pour invincibles, une victoire décisive. L'armée espagnole occupait le plateau de Rocroi, l'infanterie déployée aux ailes, écrit l'historien G. Pagès. Le duc d'Enghien disposa l’armée française dans le même ordre et la bataille s'engagea, le 19 mai 1643, à l'aube.

En peu de temps, Condé, qui conduisait les escadrons de l'aile droite, refoula et dispersa l'aile gauche espagnole et atteignit un peu plus loin une hauteur qui dominait tout le plateau. Mais il vit alors, en se retournant, l'aile gauche et le centre des Français s'arrêter, flotter un moment, puis reculer un peu. Il n'hésita pas ; rassemblant ses cavaliers, il fit le tour du champ de bataille, et chargea, par derrière, l'ennemi qui déjà se croyait vainqueur. La cavalerie espagnole, surprise, prit la fuite, mais leur terrible infanterie forma un carré hérissé de piques et de mousquets, et ne se rendit que devant les canons.

Bataille-Rocroi.jpg

 

Les étendards espagnols pris en cette mémorable journée, sont au Musée Condé, à Chantilly, auprès du splendide mausolée de Louis II de Bourbon, le vainqueur de Rocroi. On peut admirer, au Musée de Versailles, le tableau de Heim, au moment où Condé, suivant l'expression de Bossuet, « calma les courages émus et joignit au plaisir de vaincre, celui de pardonner.»

Un secours de huit mille espagnols eut peut-être changé le sort de la journée, mais les ennemis furent assaillis par la garnison de Château-Regnault et les milices françaises du nord de la vallée meusienne, et obligés de battre en retraite, les uns vers le Luxembourg, les autres vers Charlemont.

La tradition veut que Louis XIII, à ses derniers jours, apercevant à son réveil le père du duc d'Enghien, lui dit : « J'ai rêvé cette nuit que votre fils remportait une grande victoire ». Le roi mourut le 14 mai, cinq jours avant la victoire de Rocroi. Ce fut certainement le Dernier rêve de Louis XIII.

 

Illustration : Bataille de Rocroi. Peinture de François-Joseph Heim (1834)

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 17:00

Fumigene-Guerre1914-1918.jpgD'après « La Nature », paru en 1949

 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la tactique générale exigeait, notamment lors des débarquements, une protection passive contre les vues ennemies, qu'elles soient terrestres ou aériennes. Le brouillard naturel ne peut servir une offensive tout au plus qu'à certaines heures de la journées, et dans des conditions particulières. Il est évident que si ce brouillard peut être utilisé par le combattant, il n'est pas disponible à volonté. Aussi fut-on conduit à chercher un moyen artificiel d'émission, réglable, pratique et rapidement mis en oeuvre.

On constate que ce problème est fort ancien, et qu'on y apporta des solutions diverses améliorées jusqu'à la perfection des engins actuels. La plus ancienne manœuvre sous le couvert de la fumée semble remonter à 1632 lorsque, pendant la Guerre de Trente Ans, Gustave Adolphe repoussa à Donauwerth le Capitaine-Comte allemand Jean de Tilly, par un déplacement habile effectué derrière un écran de fumée produit par la combustion de paille humide.

On relève toute une série d'autres exemples, mais la protection ainsi obtenue était laborieuse à mettre en oeuvre, irrégulière, et très peu compacte. Ce n'est qu'en 1916 que les Anglais fabriquèrent les premiers engins fumigènes. Plus tard, au début du dernier conflit mondial, les Allemands développèrent l'emploi de la fumée pour couvrir leur offensive éclair en Belgique et sur notre ligne Maginot. C'est alors que les Alliés comprirent le rôle important que pouvait jouer l'émission de brouillards artificiels dissimulant les mouvements et les effectifs d'un agresseur et aveuglant les observatoires d'un ennemi.

 

Illustration : fumigène employé lors de la Première Guerre mondiale

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:00

Institutes-Coutumieres.jpgD'après « Institutes coutumières d'Antoine Loysel » (Tome 1), édition de 1846

 

Antoine Loysel (1536-1617), célèbre jurisconsulte qui collecta les principes généraux de l'ancien droit coutumier français, nous révèle le sens du proverbe de droit rural le pied saisit le chef dans ses Institutes coutumières.

 

Selon l'article 143 de la coutume de Châlons, « on peut lever son édifice sur la place, tout droit à plomb et à ligne, comme on le veut, et contraindre son voisin à retirer chevrons et toutes autres choses portant sur la place. ».

Loysel rapporte que Pocquet dit plus clairement : « Quiconque a la sole ou superficie de fonds de terre, peut élever aussi haut et creuser aussi bas que bon lui semble, s'il n'y a titre contraire. »

Enfin, il indique que Davot nous apprend quant à lui que la règle le pied saisit le chef recevait encore son application lorsque le cadavre d'un homme assassiné était trouvé couché en travers sur la limite de deux juridictions. Le droit de rechercher le coupable appartenait alors aux officiers de la justice du lieu où reposaient les pieds de la victime, parce qu'elle était présumée avoir été frappée étant debout.

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:00

Le 14 mars 1848, le gouvernement provisoire avait rendu un décret supprimant les compagnies d'élite, grenadiers et voltigeurs, qui se trouvaient ainsi fondues dans la garde nationale.

L'émotion fut grande parmi les citoyens que touchait cette mesure égalitaire ; aussi, le surlendemain 16 mars, plusieurs légions de la garde nationale s'assemblèrent et se rendirent à l'Hôtel de ville, au nombre de cinq à six mille hommes, pour faire entendre leurs plaintes aux membres du gouvernement, qui les régalèrent de quelques morceaux d'éloquence officielle.

Grenadier-Voltigeur.jpg

 

C'est ce qu'on a appelé, à cause des coiffures que portaient les grenadiers, la manifestation « des bonnets à poil ». En souvenir de cet épisode, la même dénomination fut appliquée, à la suite d'un spirituel article de John Lemoinne, à la démarche collective que les députés de la droite firent auprès de Thiers, le 20 juin 1872, pour l'entretenir de leurs inquiétudes et des moyens d'enrayer les progrès du radicalisme. (Journal des Débats du 22 juin).

 

Illustration : Grenadier et Voltigeur

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 17:00

D'après « L'Auto-Vélo », paru en 1897

Après la course cycliste, le football, l’aviron, la course en sac, le concours de natation ou celui de pêche à la ligne, une initiative insolite voit le jour en 1897 : une lutte entre deux puces.

La nouvelle ne manque pas d’originalité, écrit le journaliste et cycliste émérite Edouard de Perrodil. Le mot est faible. Il se pourrait, en effet, que l’événement qu’elle nous annonce eût les conséquences les plus grandes sur l'avenir du sport en général. Qui sait ? Il y a là, peut-être, le germe d'une transformation radicale dans la constitution du monde sportif actuel. Voici, au reste, ce dont il s'agit.

perrodil.jpgUn sportsman fort distingué, que je désignerai simplement par un nom d'emprunt, ignorant totalement si la publicité faite ainsi par moi lui serait agréable, M. Barbebrune, a eu l'idée de matcher... vous ne devineriez jamais qui ? Deux puces.

Ce sportsmen distingué s'est tenu à lui-même le raisonnement plein de bon sens suivant : la lutte sportive est aujourd'hui à l'ordre du jour, et tout ce qui affecte ce caractère est certain d'obtenir du succès auprès du public contemporain. Nous avons la course cycliste, d'abord, n'est-ce pas, qui obtient encore un succès incontesté ; je ne parle pas de la course de chevaux, vieille comme Hérode ; je ne parle pas davantage de la course à ânes plus vieille qu'Hérode, ni de la course en sac, qui date d'Abraham ; mais nous avons le football (plus ou moins rugby), l'aviron, le cricket, le law-tennis, le tir aux pigeons, le concours de pêche à la ligne, celui de pompes à incendie, presque aussi vieux que les allumettes chimiques ; la course plus moderne des motocycles, le concours de natation, de plongeon ; la tauromachie, la course en charrette à bras, que nous pourrions également dénommer la rigolomachie, etc., etc.

Toutes ces courses, tous ces jeux, toutes ces luttes passionnent le public, c'est indéniable. Eh bien ! s'est dit notre distingué sportsman, j'ai envie d'essayer une lutte, un match, pour mieux dire, entre deux puces ; je suis certain, en alliant ainsi l'originalité à un genre de spectacle tout à fait au goût du jour, d'obtenir un succès phénoménal. Tel fut le raisonnement. Et comme notre sportsman était un homme d'action il entreprit résolument de mettre son idée en pratique.

L'entraînement des deux puces, fut, paraît-il, assez long, mais moins dur cependant qu'on ne pourrait se l'imaginer. Le spectacle de ce match extrêmement curieux a été donné dans une localité dont je tairai également le nom afin de ne pas attenter à la modestie de ses habitants, mais le succès obtenu a été colossal. Tellement colossal que la totalité des personnes accourues à cette lutte sportive, ont tout de suite vu là le point de départ d'une véritable révolution.

Il est certain, en effet, que toute une catégorie de héros ou d’héroïnes comme on voudra, va naître de ce nouveau genre de spectacle. Il y aura des puces célèbres d'abord ; ce sera un véritable honneur d'être piqué par elles, puis tout un art de la puçomachie ; nous verrons des compétences puçomachiques qui connaîtront par coeur la table des records établis, battus et rebattus par Mlle Picassou, la puce imbattable. Qui sait ? Avant quelques mois les murs annonceront peut-être l'apparition du « Puçomane », journal exclusivement puçomachique. Voilà ce que se sont dit les nombreux spectateurs accourus à l'appel du sportsman qui a eu l'idée de présenter au public ce match d'un nouveau genre.

On dit et on répète que les courses vélocipédiques font moins d'argent qu'autrefois. Dormez tranquilles, directeurs de vélodromes, mes amis, voilà un genre nouveau qui est sûr d'obtenir en du succès auprès du public contemporain : la puçomachie. Vous en serez quittes pour débaptiser vos établissements. Vous les appellerez des puçodromes, tout simplement.

 

Illustration : Edouard de Perrodil

Partager cet article
Repost0
17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:00

Cigale-Fourmi.jpgPlusieurs fables de La Fontaine renferment des inadvertances et sont entachées d'erreurs. Dans la première de ces fables, La Cigale et la Fourmi (imitée d'Ésope), il y a, pour ainsi dire, autant de lapsus ou de bévues que de mots. « La fourmi n'amasse aucune provision pour l'hiver, ni mil, ni vermisseau, attendu qu'elle n'en a pas besoin, et qu'elle passe sagement cette saison à dormir, comme l'ours et la marmotte ; partant, elle n'a jamais rien eu à refuser à la cigale, qui d’ailleurs ne lui a jamais rien demandé, attendu qu’il n’y a pas de cigales en hiver, et que la cigale n’attend pas pour disparaître que la bise soit venue. » (Toussenel, Le Monde des oiseaux, 1853)

À deux reprises (Le Chat et le Rat, VIII, 22) ; Les Souris et le Chat-Huant, XI, 9), La Fontaine a fait du hibou « l'époux de la chouette », lorsque, selon les zoologistes, le hibou désigne un oiseau d'une espèce tout autre que la chouette. Ailleurs (La Souris métamorphosée en Fille, IX, 7), le rat devient le mari, le mâle, de la souris. Ce qui n'a pas empêché Chateaubriand de déclarer que La Fontaine était « notre plus grand naturaliste », rappelle Eugène Noël dans La Vie des fleurs.

Dans la fable La Chatte métamorphosée en Femme (II, 18), l'auteur nous dit que la chatte « ayant changé de figure », étant devenue femme, « les souris ne la craignaient point », les souris ne se sauvaient pas en l'apercevant. Ce qui est manifestement faux, les souris s'enfuyant à l'approche de qui que ce soit, au moindre bruit.

Dans Le Meunier, son Fils et l'Ane (III, 1), au lieu d'avoir la peine de marcher, et « afin qu’il fût plus frais et de meilleur débit », l’âne est d’abord suspendu par les pieds, à un bâton sans doute, et, la tête en bas, porté « comme un lustre », ce qui  devait être passablement mais très sûrement incommode pour lui, et ne devrait pas lui permettre de dire « qu'il goûtait fort cette façon d'aller ».

 

Illustration : La Cigale et la Fourmi

Partager cet article
Repost0
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 17:00

D'après « Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres », paru en 1873

 

C’est une inscription découverte vers 1870 sur une dalle recouvrant un sarcophage mérovingien près de Châtillon-sur-Seine, qui offrit à Edmond Le Blant, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, d’exercer sa sagacité. La dalle portait, avec le monogramme du Christ, ces seuls mots : Christus hic est. Aucun exemple de cette formule n'avait été signalé jusqu'alors, et Le Blant essaya de trouver l'explication de ces mots énigmatiques.

Monogramme-Christ.jpgIl rappela que, suivant une persuasion fort répandue aux temps de l'ancienne église, les morts pouvaient être en butte, dans leurs tombes, aux attaques du Démon. Du IVe au Ve siècle, les Pères en donnent des preuves nombreuses. C'était, disait-on, la punition première des pécheurs défunts, qui ne pouvaient plus, comme le faisaient les vivants, se munir du signe de la croix et se défendre par la prière. Afin d'éviter ces tourments, les chrétiens se faisaient enterrer près des sépulcres des saints ou plaçaient dans leurs tombes de l'eau bénite, des reliques, des croix et jusqu'à des hosties, objets sacrés qui devaient, après la mort, écarter les attaques du Malin.

C'est à une tombe ainsi défendue qu’Edmond Le Blant pensa. L'hostie, c'est-à-dire le Christ lui-même, ainsi que renseigne la doctrine catholique des plus anciens âges, aurait été déposée sur le corps, comme on l'a fait si souvent chez nos pères. Les mots Christus hic est auraient été le signe extérieur de ce patronage, et deux faits principaux à l'appui de cette explication. Un Grec païen, pour sauvegarder sa demeure, avait écrit sur la porte : Hercule, Dieu protecteur, habite ici ; que rien de mauvais n'y entre ! De même, et bien des siècles après, les habitants d'Antioche avaient, pour arrêter les désastres d'un tremblement de terre, inscrit sur les murs de leurs maisons : Le Christ est avec nous ; arrêtez !

 

Illustration : Monogramme du Christ (Musée Pio Cristiano du Vatican)

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Histoire de France. Le Blog La France pittoresque
  • : Histoire de France, magazine et brèves insolites. Retrouvez ici : 1° Des brèves insolites et pittoresques pour mieux connaître la petite histoire de nos ancêtres et la vie quotidienne d'autrefois. Le passé truculent ! 2° Notre revue périodique 36 pages couleur consacrée à la petite Histoire de France (vente sur abonnement et numéro) : articles de fond et anecdotes-clés liées aux thèmes traités.
  • Contact

Recherche

Facebook

La France Pittoresque...