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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:00

D'après « Le Petit méridional », paru en 1898

 

Le numéro du 19 juin 1898 du Petit méridional nous apprend qu'un ancien officier de marine demeurant à Paris, rue d'Alésia, avait rapporté d'un de ses voyages un jeune orang-outang qui, semblable en cela à tous les animaux de cette espèce, était devenu en prenant de l'âge assez brutal et difficile à vivre.

Quand son maître quittait le logis, le singe était enfermé dans une pièce vide de l'appartement où il gambadait en liberté. On avait dû, en effet, renoncer à l'enchaîner en raison de la colère épouvantable qu'il manifestait à l'égard de toute tentative de ce genre.

 

Cambrioleur-Singe.jpg

 

Or, un soir, tandis que l'officier était absent, on entendit sortir de l'appartement un bruit formidable, dans lequel on distinguait des cris de terreur folle mêlés à des grincements horribles. Des voisins et des agents se précipitèrent. On trouva le singe aux prises avec un cambrioleur qui s'était introduit dans l'appartement. L'homme était entré, après avoir fracturé la porte, dans la pièce où se trouvait l'animal. Aussitôt, celui-ci lui avait sauté à la gorge qu'il serrait de ses mains nerveuses, et sous cette étreinte inattendue le misérable hurlait de douleur, tandis que le singe, excité par les cris, le mordait cruellement aux bras et au visage.

 

Quand, après bien de la peine, on se fut enfin rendu maître de l'orang-outang, on releva le cambrioleur inanimé. Mais en le conduisant au poste on s'aperçut que l'émotion de cette rencontre lui avait fait perdre la raison. Il poussait des cris épouvantables, et on fut obligé de le conduire à l'infirmerie du dépôt. S'il revient jamais à la raison, il conservera sans doute le souvenir ineffaçable de ce tête-à-tête inopiné.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:30

D'après « Le Journal amusant », paru en 1905

 

« Dis-moi comment tu marches et je te dirai qui tu es ». Telle pourrait être la devise de psychologues nouveau jeu qui prétendent connaître le caractère d'un individu rien qu'à la façon dont il déambule, ironise le Journal amusant en 1905 ; ils se font forts, par exemple, de dire, en voyant un banquier poser le pied, s'il est capable de le lever...

 

MarcheurOn n'arrive pas du premier coup, évidemment, à une pareille virtuosité ; dans cette nouvelle science, comme dans toutes les autres, il faut commencer par le commencement. Apprenez donc qu'il y a quatre types de pas (ne pas confondre avec le pas de quatre) : « Les petits pas précipités appartiennent (je cite) aux gens superficiels, aux pessimistes et aux intellectuels », de telle sorte que, voyant un quidam s'avancer de cette façon, vous êtes immédiatement fixé : c'est un imbécile ou... un penseur. « Les petits pas lents désignent les âmes simples, sereines », et aussi, si j'en crois mes souvenirs, les jeunes malades.

 

« Les grands pas lents marquent la volonté réfléchie, le calcul opiniâtre » : ils indiquent aussi, je crois, que le monsieur qui les exécute possède de longues jambes et qu'il n'est pas pressé. « Les grands pas rapides dénotent l'ardeur, la décision, l'humeur batailleuse, l'esprit combatif. » Ne montrent-ils pas parfois, tout simplement, un homme d'assez belle taille qui craint de manquer son train ?

 

On nous dit encore que « les gens rusés, traîtres, diplomates, décrivent des courbes sinueuses » ; tel le fleuve qui arrose notre capitale : ce sont des intrigants toujours préoccupés de la Seine à faire. « Les énergiques tendent le jarret »... et tentent volontiers la fortune ; « les nonchalants se dandinent », ce qui revient à dire qu'ils marchent nonchalamment comme, peut-être, on s'en doutait ; « les mélancoliques traînent les pieds »... et les gens mal élevés les mettent dans le plat. Quoi encore ? « Les timides rasent les murs ». Ah ! la barbe ! restons-en là...

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:00

D'après « Le Voleur illustré », paru en 1900

 

Confetti.jpgDe quand date-t-il ? Comment est-il né ? Il est né à Paris en décembre 1891 à une redoute – endroit public où l'on danse et joue de la musique – du Casino de Paris. Cette minuscule rondelle de papier importée par un fabricant de jouets fantaisistes du faubourg Saint-Antoine fit fureur dans cette soirée mémorable. La fête avait commencé à minuit : le petit sac de confetti se vendait un franc ; une heure plus tard il fallait payer dix francs. Le marchand en question ne songea jamais à la redoute du mois de décembre 1891 sans s'attendrir : elle lui avait rapporté 5000 francs de bénéfice net.

 

Mais le négociant en question n'était qu'un importateur. Le confetti ne ment pas à son appellation italienne : il nous vient effectivement de par-delà les Alpes. Et c'est encore dans une fête de nuit, dans un bal masqué donné à Milan par la presse au bénéfice des pauvres de la ville qu'il vint au monde. Depuis longtemps, même en Italie, on était dégoûté du confetti de plâtre qui est sale et qui force les amateurs à se vêtir d'un masque épais qui présentait deux inconvénients: malgré son grillage fin, il n'était pas imperméable et laissait planer du mystère sur la beauté ou la laideur.

 

Or, en 1883, un membre du comité d'organisation de la fête de bienfaisance avait un ami qui était un grand éleveur de vers à soie. Pour nourrir ceux-ci, on place au-dessus des paniers d'osiers sur lesquels ils sont disposés, des feuilles de papier au-dessus desquelles on place des feuilles de mûrier. Ces feuilles de papier sont percées de trous et les vers à soie, gourmands de mûrier, passent leur trompe à travers ces trous pour aller saisir leur nourriture. Les trous des feuilles de papier étaient pratiqués à l'aide d'une machine qui perforait dix ou quinze feuilles à la fois. Ce fut le journaliste milanais qui, se trouvant un jour chez son ami, eut l'idée que les petites rondelles de papier qui étaient des résidus du perforage pourraient être utilisées au lieu du confetti de plâtre.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:00

D'après « Willy. Biographie précédée d'un portrait frontispice, illustrée de divers dessins, etc. », paru en 1904

 

Willy.jpgAu début du XXe siècle, le journaliste, critique musical et boulevardier Henry Gauthier-Villars – qui épousa Colette en 1893 – eut avec Auguste Mangeot, directeur de la gazette musicale Le Monde musical, une polémique assez violente : injures, huissiers, rien n'a manqué à la fête.

 

Mais un incident de cette querelle, plutôt cruel pur le pauvre directeur, mérite d'être signalé : la rosserie adroite de Willy, pseudonyme de Gauthier-Villars, y éclate dans toute sa verve. Sous le voile de l'anonymat, il envoya à la gazette ennemie le sonnet suivant, d'allures séduisantes :

 

Musique, tu me fus un palais enchanté

Au seuil duquel menaient d'insignes avenues

Nuit et jour, des vitraux aux flammes continues,

Glissait une adorable et vibrante clarté.

 

Et des choeurs alternant, – dames de volupté,

Oréades, ondins, faunes, prêtresses nues, –

Toute la joie ardente essorait vers les nues,

Et toute la langueur et toute la beauté.

 

Sur un seul voeu de moi, désir chaste ou lyrique,

Ta fertile magie a toujours, ô musique :

Bercé mon tendre songe ou mon brillant désir.

 

Et quand viendra l'instant ténébreux et suprême,

Tu sauras me donner le bonheur de mourir,

En refermant les bras sur le Rêve que j'aime !

 

Auguste Mangeot, sans défiance, inséra la poésie, la loua et fut désolé quand Willy lui révéla qu'elle était acrostiche (Mangeot est bête) !

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 17:30

D'après « Revue de la Marne » (1891) et « Le Petit Journal » (n° du 13 mars 1891)

 

Le départ avait été annoncé pour le 12 mars 1891 à neuf heures trente . Attendant l'arrivée de Sylvain Dornon qui devait partir de Paris pour se rendre à Moscou sur des échasses, près de 4000 curieux sont rassemblés dès neuf heures, mais l'homme aux échasses n'arrivant pas, la foule ne peut manquer de chercher à se distraire aux dépens des omnibus, des voitures ou des vélocipèdes qui se dirigeaient vers l'Arc de Triomphe ou qui en venaient.

 

Quand un véhicule d'une espèce quelconque se présente, il est aussitôt entouré : « Le voilà ! Le voilà ! », crie-t-on. Ahurissement des cochers, des voyageurs ou des vélocipédistes qui, se voyant assiégés brusquement par plus d'un millier de personnes, n'y comprennent rien. Il est neuf heures trente-cinq ! « Le voilà », crie-t-on pour la centième fois ; mais cette fois c'est lui. Il arrive par le côté opposé à celui où la foule l'attendait, naturellement, et en fiacre. Aussitôt les curieux se précipitent vers la voiture et font autour de Sylvain Dornon une barrière de plusieurs mètres d'épaisseur.

 

Sylvain-Dornon-copie-1.jpg

 

Mais l'intrépide voyageur ne tarde pas à se hisser sur ses échasses. Il porte le costume des bergers landais : béret brun, pelisse en peau de mouton, culotte en gros velours ; aux jambes, de fortes lanières en cuir fixant les échasses, hautes d'un mètres dix, construites par lui, entièrement en bois blanc et pesant un kilo six cent grammes chacune ; dans un petit sac en sautoir, du linge, des cartes de l'état-major français et d'excellents levers des routes d'Allemagne. Comme une seule paire d'échasses, en cas d'accident, serait insuffisante, Sylvain Dornon en a fait expédier une seconde paire à Moscou, d'une hauteur de beaucoup supérieure à l'autre, et sur lesquelles il compte faire dans cette ville une entrée triomphale.

 

Sa taille est immense, ainsi, et provoque le rire. Un gamin le compare à l'obélisque voisin ; un autre demande si c'est la tour Eiffel qui s'en va. La foule, un peu gouailleuse, suit les premiers pas sonores de l'échassier sur les dalles de la place ; puis, elle s'écarte, et le voilà parti ! D'une allure rapide et régulière, il s'éloigne, ouvrant et refermant le compas énorme de ses jambes postiches, dévorant l'espace à chaque mouvement, et paraissant, là-haut, vêtu d'une peau de bique, avec son léger bagage en bandoulière, comme un immense informe qui marcherait sur des tibias sans pieds.

 

Il tourne le coin de la place ; il parcourt la rue Royale, les boulevards, la rue Lafayette ; il atteint les hauteurs septentrionales de Paris et sort de la ville, toujours curieusement regardé au passage par la cohue des badauds et salué de souhaits ironiques de bon voyage, au fond desquels il y a cependant, malgré la bizarrerie de son équipage, un peu de sympathie voilée. Il va si loin ! Des dépêches télégraphiques arriveraient journellement de toutes les stations où s'arrêterait Dornon.

 

Note : Sylvain Dornon avait passé un accord avec L'Illustration qui finança son voyage, passant par Reims, Sedan, Luxembourg, Coblentz, Berlin, Wilna, et parvenant à Moscou le 10 mai suivant.

 

Illustration : Le départ de Dornon, se rendant de Paris à Moscou sur des échasses

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 21:00

 

Rien de plus simple que cette démonstration, explique un certain Victor Bonnet en 1899.

 

Napoleon

 

Ecrivons chacune des lettres des deux noms en mettant en regard le rang qu’elle occupe dans l’alphabet. Nous trouverons en totalisant un nombre égal : 92

 

B : 2

N : 14

O : 15

A : 1

N : 14

P : 16

A : 1

O : 15

P : 16

L : 12

A : 1

E : 5

R : 18

O : 15

T : 20

N : 14

E : 5

 

92

92

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 17:00

D'après « L'Illustréa », paru en 1930

 

En 1930, un chroniqueur du journal l'Illustréa, G. Varin, explique recevoir de nombreuses lettres de fumeurs lui demandant quel est le moyen radical pour les empêcher de succomber à leurs penchants, et d'autres lettres émanant de correspondantes le suppliant  de leur indiquer le médicament susceptible d'enrayer, chez l'époux, le fiancé ou l'ami, « la déplorable habitude d'auréoler l'espace de volutes tabagiques ».

 

Fumeur.jpgCe à quoi notre chroniqueur répond que les moyens pratiques d'empêcher de fumer sont aussi nombreux que faciles... Le meilleur est celui-ci : la volonté ! Mais comme cette volonté, même chez les êtres les plus sincères, ne peut arriver à exclure de leur existence une habitude qui s'est transformée en un besoin indispensable, il faut avoir recours à des moyens plus sérieux et surtout plus pratiques... quant au résultat final.

 

Un des plus simples nous est fournit par le docteur Baratier, rapporte-t-il ensuite :

Faire dissoudre dans 250 grammes d'eau tiède, cinquante centigrammes de nitrate d'argent. Et le matin, à jeun, fumer une cigarette, une pipe ou un cigare. Immédiatement après cette offrande à Nicot, se gargariser avec une cuillerée à soupe de la solution indiquée ci-dessus, fumer une nouvelle cigarette ou pipe, tout de suite ; à la deuxième bouffée, un certain malaise se produit : les nausées apparaissent, le mal de tête survient. Se reposer. Deux ou trois heures après, recommencer la séance ; gargarisme à l'eau tiède additionnée de pierre infernale, nouveau cigare, nouvelle cigarette...

 

Et alors le dégoût devient tel, les nausées sont tellement intenses que, pendant le reste de la journée, le fumeur le plus invincible ne pense plus à son tabac. Le lendemain, à jeun, nouvelle séance. Le surlendemain, non seulement le fumeur n'a pas l'idée de fumer, mais encore la vue de son tabac lui donne un tel frisson au niveau de l'épine dorsale et de la région gastrique qu'il fuit, épouvanté.

 

La guérison est assurée... et si de temps à autre l'amoureux de l'Herbe à la Reine se sent prêt à retomber dans les bras de la fée nicotine, une ou deux séances au gargarisme suffiront amplement à la guérir pour de longs et longs mois. Et le chroniqueur de conclure : « Depuis six ou sept ans, j'ai eu recours à ce stratagème ; je m'en suis admirablement trouvé. Donc, fumeurs invétérés et vous, douces épouses de fumeurs opiniâtres, usez et abusez de cette médication sans danger, et vous me tresserez des couronnes en guise de remerciement. »

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 17:30

D'après « Journal de la Société des Américanistes », paru en 1920

 

Ancienne colonie française fondée en 1604 et peuplée principalement par des personnes originaires de l'Ouest de la France avant d'être conquise un siècle plus tard par les Britanniques, l'Acadie désigne aujourd'hui un territoire constitué des localités francophones du Canada atlantique.

 

On a beaucoup discuté sur l'origine du mot Acadie. Ceux-ci ont voulu y voir un mot micmac – peuple amérindien de la côte nord-est de l'Amérique –, et parfois ceux-là un mot européen... Les tenants de cette dernière opinion sont ceux qui auraient vu juste, si l'on se fie à la lettre écrite à François Ier par Giovanni Verrazano à la suite de son voyage d'exploration de 1524 que contient le manuscrit Celleri. Au cours de ce voyage, Verrazano découvrit une terre « quale batezamo Archadia per la belleza de li arbori », raconte-t-il. C'est donc pour la beauté de ses arbres que cette partie des rivages orientaux du continent américain du Nord a reçu de Verrazano, sans doute en souvenir de l'antique Arcadie – région grecque présentée par les poètes comme un pays idyllique –, le nom ďArchadia.

 

Giovanni-Verrazano.jpgMais la partie du littoral de l'Amérique du Nord décrite par Verrazano est située bien au sud de la ci-devant Acadie, probablement au sud de New-York. Comment peut-on s'expliquer le déplacement de cette dénomination ? Et est-ce bien le même nom qui figure sur les cartes canadiennes ? Il semble que oui. Sur la première carte connue qui porte cette dénomination – la carte de Gastaldi de 1548 –, Larcadia se trouve exactement dans le même rapport, avec les autres noms donnés par Verrazano (Angoulême et Refuge, par exemple) que dans le manuscrit Celleri. En outre, la carte de Gastaldi est une carte de la Nouvelle-France (elle est intitulée Tierra Nueva) et elle porte Larcadia dans sa partie ouest, dont la topographie tout entière est si résumée entre ce nom et le Cap Breton que la dénomination Larcadia semble englober toutes les côtes de la Nouvelle-Ecosse.

 

Dans les cartes qui procèdent du type Gastaldi – et nombre d'entre elles adoptent la forme Larcadia ou Arcadia – , ce nom se trouve à peu de distance dans l'ouest du Cap Breton ; parmi elles, une carte très détaillée de 1560 environ appelle Arcadia une péninsule parallèle à la côte, exactement à l'Ouest du golfe du Saint-Laurent. Il faut en outre tenir compte d'une autre carte, d'un type différent du travail de Gastaldi, qui est datée de 1580 et signée F. Simon ; les mots Larcadia Provincia s'y étalent en grands caractères sur les territoires du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle- Ecosse d'aujourd'hui. C'est sans aucun doute de quelques-unes de ces cartes que Champlain a tiré le terme Arcadie, dont il se sert dans son traité Des Sauvages, écrit en 1603. C'est là aussi que le rédacteur de la commission destinée au sieur de Monts (cette commission date de la même année 1603) a pris, en omettant l'R, le nom La Cadie, qui figure dans ce document. Et de là, par la chute de l'L initiale, au mot Acadie, le pas est très aisé à franchir.

 

Illustration : GIovanni Verrazano

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 17:00

 

En 1882, le journal l'Indépendant fournit une mnémotechnie prosodique de l'alphabet français sous forme d'alexandrins, curieux tour de force :

 

Lettres-AlphabetA tout âge on s'amuse, et quand on est pap... a

On s'étonne qu'enfant on ait eu des béb... b

Et, dédaignant alors les jeux du temps pas... c

A vingt ans, par la tête, on a d'autres i... d

On aime le tabac, l'absinthe et le caf...e

La toilette et les bals ; mais ce sont des gri... f

Que ne pardonnent point les personnes â... g

Toussant au coin du feu, sans cesse elles rab... h

Disant que la jeunesse est folâtre aujourd'hu... i

Que, pour se divertir, toujours elle négli...j

L'étude et le travail, dont les vieux font grand... k

Et par qui la raison mûrit en leur cerv... l

Ayant ainsi blâmé ce qu'à vingt ans on... m

La vieillesse est contente et joue à perdre hal... n

Au whist, puis au tric-trac, et boit du thé Pék... o

A des goûts différents chaque âge est occu... p

Mais un point est commun : tous aiment les é... q

Car ils sont le noyau des plaisirs sur la t... r

L'enfance a du réglisse au moyen des esp... s

Les jeunes gens du punch, et les vieillards du... t

On quitte tour à tour les jeux où l'on s'est pm... u

Étonné que naguère on les ait culti... v

Puis à des jeux plus doux, on s'amuse, on se... x

 

Moralité

Jouons, dansons, morgué ! comme le vrai cabr... y

Mais ne nous moquons pas des autres, non d'un... z

 

Note : à cette époque, la lettre W n'entrait pas encore dans notre alphabet. Les premières éditions du Dictionnaire de l’Académie française (1694, 1718, 1740, 1762) ne citaient aucun mot en W. Au sein de la 5e édition (1798) et de la 6e (1835), quelques mots en W furent insérés à la fin de la section consacrée à la lettre V.

 

La 7e édition (1878) consacre une section à part entière au W, la lettre étant ainsi définie : « Lettre consonne qui appartient à l’alphabet de plusieurs peuples du Nord et qu’on emploie en français pour écrire un certain nombre de mots empruntés aux langues de ces peuples, mais sans en faire une lettre de plus dans notre alphabet. » Enfin la 8e (1935) reprend la même présentation du W, en supprimant mais sans en faire, etc. La 9e édition est en cours.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 17:30

D'après « L'Intermédiaire des chercheurs et curieux », paru en 1902

 

L'Intermédiaire des chercheurs et curieux nous donne, sur l'origine des grèves, ces curieux renseignements :

 

« Grève, dans le vieux français grave et grabe, et, aujourd'hui encore dans le Midi, grabe, boue, est le grec archaïque graba, qui est dans Hésychius, avec le sens de boue. On sait qu'il y avait autrefois à Paris, près de l'hôtel de ville, au bord de la Seine, un endroit appelé place de Grève, où les ouvriers sans travail se réunissaient, pour attendre qu'on vînt les embaucher.

 

Place-Greve.jpg

 

« Comme cette place, humide et sablonneuse, était toujours piétinée par une grande foule, elle se trouvait ordinairement boueuse, d'où elle prit le nom de grave ou de grève, c'est-à-dire de place de la boue.

 

« Mais ce n'étaient pas seulement les ouvriers qui attendaient du travail qui se rendaient à cette place ; mais encore les paresseux, les flâneurs, ceux qui n'aimaient pas l'atelier, et ce sont précisément ces derniers ouvriers qui ont fait donner au mot grève le sens détourné qu'il a aujourd'hui, c'est-à-dire : cessation de travail. »

 

Illustration : place de Grève vers 1730

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