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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Gazette anecdotique », paru en 1882

 

En 1882, le colonel Th. Jung publie Lucien Bonaparte et ses Mémoires dont on n'avait donné jusqu'ici que des éditions incomplètes. On trouve dans ces curieux mémoires la rectification de bien des faits admis pour vrais par les annalistes qui se sont occupés de l'Empire, témoin, entre autres, l'histoire de la fameuse montre brisée par Lucien devant son redoutable frère Napoléon au milieu d'une scène qu'on a bien souvent racontée.

 

Lucien-Bonaparte.jpgOr voici, rapprochées l'une de l'autre, deux piquantes versions de ce même fait empruntées l'une à l'Echo des salons de Paris et l'autre, rectifiant la première, aux susdits Mémoires de Lucien :

 

LA LEGENDE (Extrait de l'Echo des salons de Paris depuis la Restauration, tome II)

Un mois avant que Lucien quittât la France, il eut avec Bonaparte un entretien très vif sur son peu de considération et sur les malheurs que son esprit de conquête attirerait un jour sur la France.

 

Bonaparte se fâcha et, s'approchant de la fenêtre, il dit à son frère : « Voyez-vous cette étoile ? » Lucien répondit qu'il ne voyait rien. « Eh bien ! je la vois », lui répliqua Napoléon, et aussi longtemps que je l'apercevrai seul, je ne cesserai d'y avoir confiance ! »

 

Lucien tira sa montre, et, de colère, la jeta sur le parquet devant Bonaparte en lui disant : « Vous serez brisé comme cette montre, et un jour viendra où vous serez malheureux, ainsi que la France et toute votre famille ! »

 

L'HISTOIRE (Lucien Bonaparte et ses Mémoires, tome II, 1882.)

 

« – Ce que vous pensez de moi, citoyen Lucien, parbleu, je suis curieux de le savoir, dites donc vite (c'est Napoléon qui parle).

 

– Je pense, citoyen consul, qu'ayant prêté serment à la Constitution du 18 brumaire, entre mes propres mains, comme président du conseil des Cinq-Cents, et vous voyant la mépriser ainsi, si je n'étais pas votre frère, je serais votre ennemi.

 

– Mon ennemi ! ah ! pour le coup, je vous le conseillerais ! Mon ennemi ! C'est un peu fort! me dit-il en s'avançant sur moi dans l'attitude de me frapper, ce que je rends encore grâce à Dieu qu'il n'ait pas fait, car je n'étais pas disposé à le souffrir patiemment ; mais il s'arrêta en face de la froide immobilité que je lui opposai.

 

– Mon ennemi, toi ! Je te briserais, vois-tu, comme cette boîte ! »

 

Et disant cela , c'était sa tabatière qu'il tenait, il la lança violemment sur le plancher.

 

Illustration : Lucien Bonaparte, par François-Xavir Fabre

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 17:30

Pecheuse-Huitres.jpgD'après « Bulletin de la Société Le Vieux papier », paru en décembre 1937

En 1937, le Bulletin de la Société Le Vieux papier rapporte qu'au XIXe siècle un pharmacien de Lyon, Bertrand aîné, composa et exploita une série de spécialités à base d'huîtres, ainsi qu'en fait foi un annuaire Lyonnais publié en 1860.

Il vendait notamment le « chocolat analeptique aux huîtres », breveté pour 15 ans ; la « pâte d'huîtres », bonbon pectoral ; le « sirop d'huîtres », lénitif et apéritif ; enfin la « gelée d'huîtres », qui convenait aux enfants à la mamelle, aux vieillards et aux anémiques.

Le sirop d'huîtres corsait, paraît-il, fort agréablement, le goût de la bavaroise, boisson alors très en vogue à Lyon et qui était faite d'un café au lait parfumé à la fleur d'oranger.

 

Illustration : Pêcheuse d'huîtres

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Bulletin de la Société d'antrhopologie de Paris », paru en 1896

 

En 1896, un membre de la Société d'anthropologie de Paris explique que si les sépultures païennes de la fin de l'Empire romain et du commencement des temps mérovingiens (Ve siècle) sont reconnaissables aux rares objets qu'on y rencontre et qui forment un très pauvre mobilier funéraire, les tombes chrétiennes ne renferment que les os du mort et d'assez nombreuses coquilles d'escargots.

 

Les premiers chrétiens, toujours en quête de symboles, prirent l'escargot pour figurer l'immortalité de l'âme. Ce mollusque – et surtout celle de ses variétés qui est connue sous le nom d'Helix pomatia et qui est si abondamment répandue partout –, quand vient la mauvaise saison, s'enterre avec sa coquille après avoir pris soin de la fermer au moyen d'un opercule sécrété par lui-même. Il est donc, en quelque sorte, clos dans un tombeau. Au retour de la belle saison, l'animal brise la porte de son cercueil ; il renaît à la vie avec plus de force.

 

Arnould Locard, dans sa belle Histoire des mollusques dans l'antiquité (1884), nous donne les détails les plus probants sur ce symbole de l'escargot. Il nous dit qu'on a souvent observé « dans les tombeaux des chrétiens et des martyrs de la Gaule et de l'Italie, des Gastéropodes marins ou terrestres, entiers ou brisés, fixés à l'intérieur même des cercueils ou loculi, dans lesquels le cadavre était déposé lorsqu'il n'était pas soumis à la crémation. D'après M. Martigny [Dictionnaire des antiquités chrétiennes], placées dans de telles conditions, ces coquilles pouvaient être du nombre des objets que les premiers chrétiens fixaient dans la terre ou le mortier des loculi, comme signe de reconnaissance »

 

Sarcophages-Merovingiens.jpg

 

Locard cite des faits relevés en Gaule : « Des coquilles d'escargots, Helix pomatia et H. Aspersa, ont été trouvés dans les sarcophages. Dans la tombe de saint Eutrope, à Saintes, découverte en 1843, on a trouvé des coquilles, et M. Letronne prouve que leur introduction n'a pu être l'effet du hasard [Recueil de pièces relatives à la reconnaissance du corps de saint Eutrope]. On en a rencontré dans une sépulture mérovingienne du cimetière de Vicq, et M. l'abbé Cochet en a signalé [Normandie souterraine] un grand nombre d'exemples, dans ses fouilles, notamment près de Dieppe, à l'intérieur d'une tombe du temps de Charlemagne. Rappelons également qu'il était d'usage chez les peuples païens, de manger ces mêmes escargots sur la tombe des personnes chères; à Pompéi, on a trouvé de nombreux amas d'escargots dans les cimetières romains. »

 

Ainsi, dès les temps les plus reculés, il existait un antagonisme entre les deux religions en présence. Leurs adeptes, qui ne frayaient guère ensemble durant le cours de leur vie, après la mort voulaient reposer loin de ceux qu'ils regardaient comme des ennemis.

 

Illustration : Sarcophages mérovingiens du Ve siècle découverts à Angers en 2008

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « L'horlogerie ancienne » par Edouard Gélis, paru en 1950

 

Les horlogers n'ont pas été groupés en corporations aussi anciennement que les apothicaires ou même que les orfèvres. C'est seulement en 1544 que François Ier accorda leurs statuts aux sept maîtres horlogers de Paris.

 

Montre-XVIIeCe retard tient à ce que l'on ne se souciait guère avant cette époque de « mesurer le temps » avec exactitude. En dehors du cadran solaire et du sablier, les Anciens ne connaissaient que la clepsydre, ou horloge à eau, à laquelle ils surent d'ailleurs adapter des cadrans, des sonneries et même des automates. L'existence d'horloges à poids, avec régulateur par échappement, est signalée pour la première fois dans les textes au XIIIe siècle. Vers le milieu du XVe, la substitution au poids du ressort enroulé, permit enfin la fabrication de la « reloge a mettre sur table » (Louis XI en possédait au moins une) et un peu plus tard, de son diminutif : la montre.

 

Les statuts de 1583 et de 1646 fixaient la durée de l'apprentissage du compagnon horloger à huit ans, au bout desquels il devait, pour passer maître, fabriquer sous les yeux d'un des gardes-visiteurs, le chef-d'œuvre imposé, généralement une « horloge à réveil-matin ». Chaque corporation d'horloger avait un poinçon bien défini dont la contrefaçon pouvait valoir à ses auteurs d' « être pendus et étranglés ». (Déclaration royale du 4 janvier 1724.)

 

Illustration : Montre en forme de bouton de pavot, début du XVIIe siècle

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Le Petit méridional », paru en 1898

 

Un chroniqueur du Petit méridional nous parle en 1898 des travaux d'un savant ayant entrepris de populariser l'inoculation de parfums tirés des fleurs et censés procurer des émotions variées à quiconque accepte de s'y soumettre.

 

Plus la science progresse, écrit-il, plus on remarque qu'elle tend à confirmer une foule de traditions et de croyances populaires, restes obscurcis ou déformés de connaissances anciennes tombées dans l'oubli. Ce n'est pas qu'il faille conclure que toutes les superstitions aient un fond de vérité, mais du moins est-il nécessaire de rester dans le doute scientifique en face de beaucoup de problèmes qu'on eût autrefois écartés un peu dédaigneusement.

 

Fleurs.jpgEn réalisant expérimentalement l'inoculation des maladies, la science a jeté une vive lumière sur beaucoup de phénomène mal connus ou mal interprétés. Voici maintenant qu'un chimiste à l'âme poétique et tendre prétend avoir trouvé le moyen de procurer des émotions variées à quiconque voudra se prêter à l'inoculation de parfums tirés des fleurs. L'idée peut paraître un peu extravagante au premier abord ; aussi n'a-t-elle pas manqué de soulever de faciles plaisanteries.

 

Il est à noter que les rieurs les plus déterminés admettent fort bien que la santé d'une mère peut retentir très directement sur l'état de l'enfant qu'elle allaite. Mais, d'autre part, ils ne manquent pas de s'élever très vigoureusement contre ce préjugé campagnard que les enfants élevés au lait de chèvre sont d'un tempérament plus vif, plus nerveux et plus irritable que ceux soumis au régime ordinaire. Explique qui pourra de semblables contradictions.

 

Quoi qu'il en soit, le savant continue ses recherches avec obstination et ses expériences lui auraient donné, paraît-il, des résultats probants. De sorte que, selon lui, le géranium donnerait le goût des voyages, l'esprit d'aventures ; le lis prédisposerait à l'obstination et la campanule au bavardage. L'ylang-ylang donne des idées folâtres, tandis que la rose porte à l'avarice et la violette à la dévotion. Désirez-vous un état d'âme bucolique, des sensations de campagne verdoyante et grasse, adressez-vous à la jacinthe ; voulez-vous être aimable, il ne vous faut qu'une petite injection au musc. Ceux qui manquent d'idées artistiques se compléteront avec du chiendent ; quant à l'ambre, il confère tout simplement le génie.

 

L'extrait de muguet déterminerait chez ceux qui en font usage une sorte d'ivresse joyeuse. Le sujet, comme hors de lui, plein d'une gaieté exubérante et communicative se montrerait très disposé à voir la vie en rose. Au contraire, la jusquiame développerait des idées sombres et tragiques. Le sens de l'élégance, le goût de la beauté sont invinciblement attachés au parfum du chèvrefeuille, mais l'azalée, moins bien partagée, ne saurait communiquer que de la sècheresse de cœur.

 

Il est assez remarquable que tandis que certaines de ces affirmations corroborent très exactement la signification symbolique attachée à certaines plantes depuis les temps historiques, d'autres s'en écartent absolument. C'est ainsi que le trèfle, regardé partout comme un porte-bonheur assuré, est dépossédé par notre chimiste de toutes ses vertus. Il développerait l'humeur acariâtre, et loin de devenir un talisman, il placerait sous la plus désastreuse influence les personnes assez imprudentes pour en faire usage.

 

Ajoutera foi qui voudra à ces affirmations catégoriques. En ces matières, rien ne vaut l'expérience personnelle. Que ceux de nos lecteurs qui ont la foi se soumettent donc à la petite expérience : ils seront fixés tout de suite sur la sagacité du savant chimiste. Encore faut-il choisir judicieusement son parfum. Car quelles conclusions fondées pourrait-on tirer après une injection de roses à Harpagon ou du campanule aux neuf bons neuf dixièmes du sexe faible ? conclut notre chroniqueur.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Annales de Bretagne », paru en 1925

 

La législation napoléonienne réprimait durement les grèves. La loi du 22 germinal an XI (12 avril 1803), dans son article 7, punissait d'un emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois mois « toute coalition de la part des ouvriers pour cesser en même temps de travailler, interdire le travail dans certains ateliers, empêcher de s'y rendre et d'y rester avant ou après de certaines heures, et en général pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux ».

 

Premier-Consul.jpgOn comprend qu'en présence de pareilles menaces de la part de l'Etat les ouvriers y regardassent à deux fois avant de recourir à ce procédé de lutte contre les patrons. Aussi les grèves furent-elles rares en France de 1800 à 1814. Il y en eut pourtant, témoin celle qui éclata en Brumaire an XIII (novembre 1804) parmi les ouvriers occupés aux travaux de reconstruction du pont du Gouët, à Saint-Brieuc. Par application de la loi de germinal an XI, le préfet Boullé eut tout de suite recours à la manière forte et voici ce qu'il écrivit à ce propos au commandant de gendarmerie le 15 brumaire an XIII (6 novembre 1804) :

 

« Le commandant de la gendarmerie nationale de ce département fera arrêter de suite et constituer en détention dans la maison d'arrêt de cette commune le nommé Fortin, tailleur de pierre, l'un des ouvriers des ateliers du pont du Gouët comme chef de cabale, instigateur et fauteur de mutinerie. Il enverra une brigade de gendarmerie sur les travaux et la mettra aux ordres de l'Ingénieur en chef de l'arrondissement pour le rétablissement de l'ordre dans les ateliers. Il donnera de suite des ordres tant à la gendarmerie de cette résidence qu'à toutes les brigades du département placées sur la route de l'ancienne Normandie d'arrêter et de conduire à Saint-Brieuc tous les ouvriers du pont du Gouët qui tenteraient de s'évader.

 

« II recevra ultérieurement et fera exécuter de suite toutes les réquisitions et les ordres que la prolongation de l'insubordination, de la mutinerie et de la révolte dans les ateliers pourrait exiger. La brigade envoyée par la police des ateliers recevra, s'il y a lieu, et suivant le règlement qui en sera fait ultérieurement, une indemnité qui sera prise par voie de retenue sur les salaires des ouvriers mutins ».

 

Illustration : Le Premier Consul Napoléon Bonaparte. Détail du tableau du baron Antoine-Jean Gros réalisé en 1802

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 17:30

Extrait de « Bibliothèque de l'Ecole des chartes », paru en 1909

 

Conformément au décret de l'Assemblée nationale du 13 octobre 1790, sanctionné le 19, tous les titres que les particuliers, les associations et les établissements de tous genres conservaient depuis des siècles avec un soin religieux furent déposés dans les archives des chefs-lieux de départements.

 

Gaspard-Monge.jpgLe comte de Laborde a rappelé jadis, dans la Revue de Paris du 1er février 1854, comment ces documents, abandonnés à des soins mercenaires, devinrent bientôt la proie de toutes les passions destructives. Les actes transcrits sur parchemin semblaient avoir une chance d'échapper à ce malheureux sort ; mais, dans un moment de folie patriotique, on les employa à la confection de gargousses : c'est par charretées que les archives de l'Etat envoyèrent aux arsenaux de la République les chartes, les ordonnances royales et les documents les plus anciens de notre histoire.

 

Une lettre écrite par Monge, pendant sou passage au ministère de la Marine (10 août 1792 - 10 avril 1793), confirme ces faits et montre que les arsenaux de la Marine, aussi bien que ceux de la Guerre, utilisèrent les chartes les plus vénérables pour servir d'enveloppes aux projectiles de l'artillerie. Beaucoup d'entre elles disparurent probablement dans les ateliers de nos ports.

 

Voici le texte de cette lettre à entête des Ports et Arsenaux et du ministre de la Marine à celui de la Guerre : « Paris, le 23 janvier 1793, l'an 2e de la République. Je vous ai informé, mon cher collègue, de l'étendue des besoins de mon département en parchemins propres à faire des gargousses et combien il serait à désirer que vous fissiez remettre à ma disposition ceux qui peuvent exister sans utilité dans vos bureaux. Comme il est important que je connaisse promptement les ressources en ce genre sur lesquelles je dois compter, afin de prendre des mesures pour parvenir à ce qui manque au complet de l'approvisionnement de nos ports, je vous renouvelle cette demande et vous prie de donner sans délai les ordres nécessaires pour la recherche de ces parchemins et de m'en faire connaître le résultat. MONGE. »

 

Cette lettre constitue un document précis pour l'historien tenté de retracer les vicissitudes par lesquelles ont passé les parchemins de nos archives.

 

Illustration : Gaspard Monge. Peinture d'Elzidor Naigeon réalisée en 1842

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Gazette anecdotique littéraire, artistique et bibliographique », paru en 1888

 

En 1888, Paul Forestier, du Voltaire, voulut prendre ses renseignements aux bonnes sources concernant le premier jour de la semaine. Il consulta successivement Larousse, l'Académie et Littré, et tous les trois furent unanimes pour lui indiquer le dimanche comme étant ce premier jour.

 

Malgré cette triple et écrasante autorité, il semble incompréhensible que la question puisse être posée, et surtout qu'elle puisse être résolue dans ce sens, rétorque la Gazette anecdotique. Les jours de la semaine correspondent, on le sait, aux journées de la création du monde, et la Bible, après avoir énuméré ces journées, au nombre de six, ajoute : « Dieu, ayant terminé son œuvre, se reposa le septième jour... Et il bénit ce septième jour, et il le sanctifia, parce que c'était en ce jour qu'il s'était reposé de son œuvre de la création. »

 

Repos-Dimanche.jpg

 

Or le dimanche étant le jour du Seigneur (dies dominica), et le repos ne pouvant pas se placer avant le travail, il s'ensuit forcément que ce jour est le dernier de la semaine, en dépit de l'Académie, de Littré, de Larousse, et de tous autres qui voudraient soutenir leur erreur.

 

Encore défini par la septième édition (1878) du Dictionnaire de l’Académie française comme le premier jour de la semaine, le dimanche devenait le dernier dans la huitième (1932). La neuvième édition, en cours de publication, indique : « Traditionnellement, et aujourd’hui encore dans la langue religieuse, premier jour de la semaine qui commémore la résurrection du Christ ; il comportait aussi la prescription du repos. Dans la langue courante, septième et dernier jour de la semaine. »

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Touche-à-Tout », paru en 1904

 

La revue hebdomadaire Touche-à-Tout relate cette disparition dans son numéro du 25 septembre 1904. Il existait donc un pont à péage sur la Seine ?... Au début du XXe siècle ?

 

Mais oui : de Colombes à Argenteuil. Et si l'on n'était pas encore parvenu à faire disparaître cette anomalie, c'est que le pont avait un pied, si on peut dire ainsi, sur le département de Seine-et-Oise (supprimé le 1er janvier 1968 et réparti entre les départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne) et l'autre dans le département de la Seine (supprimé le 1er janvier 1968 et réparti entre les départements des Yvelines, de l'Essonne et du Val-d'Oise) ; et les administrations des deux départements n'étaient pas encore arrivées à se mettre d'accord sur le rachat du droit de péage.

 

Pont-Argenteuil.jpg

 

Etonnez-vous, après cela, que des peuples étrangers aient quelquefois des difficultés ! Mais enfin, l'accord vient de se faire, et bientôt, vous pourrez passer sur le pont de Colombes à Argenteuil, sans tirer votre petit sou de votre poche.

 

Illustration : Le pont sur la Seine à Argenteuil, par Claude Monet (1874)

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 17:30

D'après « Nouvelles récréations littéraires et historiques », paru en 1921

 

Un historien et critique d'art, nouvelliste à l'occasion, Henry de Chennevières, se créa au XIXe siècle spécialité de ne jamais employer les qui, les que, lequel, dont, et autres pronoms relatifs qui n'effrayaient pas Brunetière, au contraire. Il leur déclare une « guerre à mort ». La mort des qui et des que, Déclaration de guerre, c'est le titre de la préface de ses Contes sans qui ni que (1886). Ainsi qu'il le dit dans une note de cette préface, il avait déjà publié à cette époque quatre in-folio « désinfectés » de qui et consacrés aux Dessins du Louvre. D'autres volumes du même auteur parus depuis, comme Les Tiepolo (1898), présentent également cette particularité, de ne contenir ni qui ni que.

 

FrançaisAntérieurement, en 1883, lors de la publication de ses Dessins du Louvre, le journal Le Voltaire  ayant relevé, comme curiosité littéraire, cette absence de pronoms relatifs, Henry de Chennevières adressa à ce journal une lettre où, comme dans la susdite préface, il expose les motifs – plus imaginaires que réels : alourdissement de la phrase, discordance de sons, etc., – de son aversion pour les qui et les que :

 

« J'ai, écrit-il, juré haine aux qui et aux que, ces lourds conjonctifs de la syntaxe. Cette guerre à toute outrance contre de paisibles pronoms trouble l'économie de la langue et le mécanisme ordinaire des phrases ; mais elle éclaircit la pensée, elle allège la période, elle suspend les longueurs. Depuis quatre siècles, l'horrible qui tyrannise les lettres françaises, il infeste les meilleurs écrivains... Le qu'il mourût du vieux Corneille ne me persuade pas... », etc.

 

Cet éloquent cri du cœur, tout précédé qu'il est d'un que, ce superbe qu'il mourût de Corneille, était bien fait cependant pour convaincre Henry de Chennevières de l'inanité de sa campagne. La lutte n'était pas nouvelle, d'ailleurs ; elle a eu, sinon contre les qui et les que, plus d'un précédent ; et, à diverses époques d'autres mots de notre langue ont été pareillement en butte à des tentatives d'ostracisme. « Que ferons-nous, messieurs, de car et de pourquoi ? » demande le poète et romancier Gomberville (1600-1674) dans la comédie Les Académiciens de Saint-Évremond (Œuvres choisies de Saint-Évremond). Dans ses Femmes savantes, Molière parle aussi des « proscriptions de tous ces mots divers, dont nous voulons purger et la prose et les vers. »

 

Et ce projet, « dont Saint-Évremond et Ménage s'étaient déjà moqués, ce ridicule projet de bannir de la langue les mots les plus utiles, comme car, encore, néanmoins, pourquoi, etc., plusieurs académiciens l'avaient conçu » (Note des Œuvres complètes de Molière, édition variorum Charles Louandre, t. III). Car surtout a subi, au dix-septième siècle, de terribles assauts et, selon la remarque de La Bruyère (Les Caractères, De quelques usages), « s'il n'eût trouvé de la protection parmi les gens polis, n'était-il pas banni honteusement d'une langue à qui il a rendu de si longs services, sans qu'on sût quel mot lui substituer ? »

 

La lettre de Vincent Voiture à Mlle de Rambouillet, relative à la conjonction car, et où il prévoit qu'après l'exclusion de ce petit mot, on tentera de vouer d'autres termes au même sort, est demeurée célèbre dans notre histoire littéraire : « Je ne sais pour quel intérêt ils (ces puristes) tâchent d'ôter à Car ce qui lui appartient pour le donner à Pour-ce que, ni pourquoi ils veulent dire avec trois mots ce qu'ils peuvent dire avec trois lettres. Ce qui est le plus à craindre, mademoiselle, c'est qu'après cette injustice on en entreprendra d'autres ; on ne fera point de difficulté d'attaquer Mais, et je ne sais si Si demeurera en sûreté : de sorte qu'après nous avoir ôté toutes les paroles qui lient les autres, les beaux esprits nous voudront réduire au langage des anges, ou, si cela ne se peut, ils nous obligeront au moins à ne parler que par signes. » (Vincent Voiture, Lettres, t. I)

 

Dans le numéro du 17 janvier 1920 du journal La Renaissance, Théodore Reinach avertit que « notre vocabulaire est si pauvre déjà qu'il n'y a pas lieu de l'appauvrir davantage ».

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