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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 07:25

Extrait de « Staelliana ou Recueil d'anecdotes, bons mots, maximes, pensées et réflexions de Mme la baronne de Staël-Holstein », paru en 1820

Bonaparte n'aimait pas qu'une femme se mêlât de balancer les intérêts de l'Etat. A l'époque où il n'était encore que général, il se trouva dans un cercle, où Madame de Staël venait, dans une espèce de dissertation aussi spirituelle que bien raisonnée, de juger les différents partis qui avaient successivement gouverné la France.

General-Bonaparte.jpgTout le monde joignait osn avis au sien et applaudissait à son esprit. Bonaparte seul se taisait, et elle s'en aperçut. « Eh bien ! général, est-ce que vous n'êtes pas de mon avis ? — Madame, je n'ai pas écouté, parce que je n'aime pas que les femmes se mêlent de politique. — Vous avez raison, général, répondit l'aimable raisonneuse ; mais dans un pays où on leur coupe la tête, il est naturel qu'elles aient envie de savoir pourquoi. »

 

Illustration : le général Bonaparte

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 07:25

D'après «  Choix de mots célèbres de l'histoire », paru en 1869

 

Les poètes Racine et Boileau appelaient La Fontaine le Bonhomme, quoiqu'ils connussent bien tout ce qu'il valait.

 

Pendant un souper chez le grand poète comique Molière, où se trouvait aussi un célèbre joueur de flûte nommé Descoteaux, le Bonhomme parut plus rêveur qu'à l'ordinaire. Boileau et Racine tentèrent en vain de le réveiller par des traits vifs et piquants. Ils poussèrent même la raillerie si loin, que Molière trouva que c'était passer les bornes.

 

La-Fontaine.jpgQuand on se leva de table, le grand poète comique tira à part Descoteaux dans l'embrasure d'une fenêtre, et, lui parlant de l'abondance du cœur, lui dit : « Nos beaux-esprits ont beau se trémousser, ils n'effaceront pas le Bonhomme. »

 

Illustration : Jean de La Fontaine

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 07:25

D'après « Revue du traditionnisme », paru en 1909

 

En 1352, le roi Jean édictait une ordonnance visant à préserver la population des méfaits d’empiriques, pseudo-médecins s’arrogeant le droit d’administrer des remèdes mettant en danger la vie de leurs crédules patients...

 

« Jean, par la grâce de Dieu, roi des Français, à tous, etc.

 

« Le doyen et les maîtres de la Faculté de médecine dont de l’Université de Paris nous ont exposé que des gens de l’un et l'autre sexe, quelques femmes avancées en âge, des convertis, des gens de la campagne et quelques herboristes viennent pratiquer à Paris, ignorant la science de la médecine, la complexion des hommes, le moment et le mode convenables, les propriétés des remèdes, surtout des remèdes laxatifs, qui mettent la vie en danger, principalement quand on les donne mal à propos, dénaturent les remèdes, en dépit de la raison et de l'art conseillent, fournissent et administrent des clystères très laxatifs et d'autres dont l'emploi ne leur est pas très familier, sans se faire assister d'aucun médecin et cela au grand scandale de notre peuple, au grand péril des corps et des âmes et au mépris de la considération des exposants, de ta science de médecine et des experts en icelle, que cet abus de remède aggrave les maladies, produit les homicides, les avortements secrets, quelquefois même publiquement avoués...

 

Elixir.jpg

 

« Par ces présentes et à toujours, il est défendu à toutes gens de tout sexe et condition de toute composer ou d'administrer aucune médecine aléatoire, aucun sirop élixir, aucun clystère dans les maladies mortelles ou dont les symptômes présentent une certaine gravité. »

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 07:25

D'après « Biographie des lieutenants-généraux, ministres, directeurs généraux, chargés d'arrondissements, préfets de la police en France », paru en 1829

 

C'est après une tentative d'évasion de la prison de Lille où il était incarcéré, que le célèbre Vidocq eut connaissance de la mésaventure du chauffeur Brunellois, le rapportant en ces termes...

Vidocq.jpg« Jusque-là je n'avais vécu qu'avec des voleurs, des escrocs, des vagabonds, des faussaires ; mais alors je me trouvai au milieu des malfaiteurs les plus consommés et les plus atroces, qui racontaient avec orgueil leurs crimes et leurs forfaits, et parlaient de leur être avec l'indifférence et la gaieté la plus parfaite, disant qu'un jour on en ferait de la chair de saucisse avec la guillotine.

« Parmi mes nouveaux compagnons se trouvaient plusieurs individus qui avaient fait partie de la fameuse bande de brigands et d'assassins commandée par le célèbre Sallambier, qui avait répandu la terreur dans le pays, et connue sous le nom de chauffeurs. Ce nom leur venait de ce qu'ils mettaient dans le feu les pieds des habitans des maisons qu'ils attaquaient, et les tenaient dans cet état jusqu'à ce qu'ils déclarassent où leur argent était caché.

« Parmi les chauffeurs renfermés dans cette prison, le plus remarquable était Brunellois, surnommé l'intrépide, nom que plus tard il justifia complètement par un acte de courage tel qu'on n'en trouve pas de semblables dans les plus fameux bulletins d'armée. Un jour que Brunellois cherchait à commettre des vols dans la maison d'un fermier, il passa sa main dans une ouverture pratiquée dans le volet d'une des fenêtres, afin de détacher le crochet.

« Lorsqu'il voulut retirer sa main, il sentit que son poing était pris dans un noeud coulant ; il fit d'inutiles efforts pour la retirer : le bruit qu'on faisait dans la maison annonçait que les habitants avaient pris l'alerte ; et Brunellois s'étant aperçu que ses complices échangeaient entre eux des regards sinistres, il pensa qu'ils avaient l'intention de le tuer, afin d'empêcher qu'il ne les trahît lorsqu'il serait pris, ce qui devait infailliblement arriver.

« Dans cette perplexité, Brunellois, sans hésiter un seul instant, tira de sa poche un couteau à double tranchant, se coupa le poing, et s'enfuit avec ses compagnons. Ce singulier trait eut lieu dans le voisinage de Lille. Il était bien connu dans le département du Nord, dont plusieurs habitants se souviennent d'avoir vu exécuter le héros, qui n'avait qu'une main. »

 

Illustration : Eugène-François VIdocq

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 06:55

D'après « Joyeux passe-temps de la jeunesse », paru en 1864

 

Petit-fils de Louis XIV, Philippe V, devenu roi d'Espagne, passait, en 1707, par le village de Montlhéry. Le curé, suivi d'un grand nombre de paroissiens, se présente devant le prince pour lui offrir les hommages de la contrée : « Sire, commença-t-il à lui dire, les longues harangues sont incommodes et les harangueurs ennuyeux ; aussi je me contenterai de vous chanter :

Tous les bourgeois de Châtre et ceux de Montlhéry
Ont eu fort grande joie en vous voyant ici.
Petit-Fils de Louis, que Dieu vous accompagne,
Et qu'un prince si bon,
Bon, bon.
Cent ans et par delà,
Là, là,
Règne dedans l'Espagne. »

PhilippeV.jpg

 

Le monarque, enchanté du zèle de ce pieux chansonnier, lui dit : « Bis ! si cela ne vous fatigue pas. » Le pasteur obéit, et répète son couplet avec plus de verve et de gaieté. Le roi lui fit donner dix louis pour les pauvres.

Celui-ci les ayant reçus, dit au prince avec un aimable sourire : « Bis ! Sire, si cela ne vous fatigue pas à votre tour. » Le roi trouva le mot plaisant et ordonna de doubler la somme.

 

Illustration : Philippe V

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 06:55

D'après « Dictionnaire d'anecdotes, historiettes, bons mots, etc. », paru en 1861

 

Buffon.jpgOn sait que le fils de M. de Buffon avait épousé une jeune personne très jolie, qui plus tard se rendit célèbre par sa liaison avec le duc d'Orléans, celui qui a périt sur l'échafaud.

Dès les premiers temps de ce mariage, madame de Buffon avait pris son mari en grande aversion, tandis que celui-ci, au contraire, était fort épris de sa femme, et l'on raconte qu'un jour comme on se trouvait à table en famlie chez M. de Buffon, sa belle-fille lui dit :

« Monsieur, vous qui avez si bien observé notre nature et celle des animaux, comment expliquez-vous que les gens qui nous aiment le plus sont ceux que nous aimons le moins ? — Je n'en suis pas encore au
chapitre des monstres, madame », répondit froidement Buffon.

 

Illustration : Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 06:55

D'après « Joyeux passe-temps de la jeunesse », paru en 1864

 

Bonaparte, quoique naturellement d'un caractère assez grave, avait quelquefois des instants de gaieté ; l'anecdote suivante en est une preuve.

Lorsqu'en avril 1810, Napoléon et Marie-Louise visitèrent le canal souterrain de Saint-Quentin, et les villes de Cambrai, de Valenciennes, d'Anvers et de Bruxelles, les autorités municipales avaient reçu l'ordre d'élever partout des arcs de triomphe, et de stimuler l'allégresse publique par tous les moyens connus. Le bourgmestre d'un gros bourg de la Hollande, non loin d'Anvers, croyant devoir ajouter à son arc de triomphe une inscription rimée, fit écrire ce distique sur le fronton :

Il n'a pas fait une sottise

En épousant Marie-Louise.

Napoleon-Marie-Louise.jpg

 

Bonaparte n'eut pas plutôt aperçu cet effort d'imagination poétique, qu'il fit demander le bourgmestre. « Monsieur le maire, dit-il en le voyant, on cultive les muses françaises chez vous, à ce qu'il me paraît? — Sire, je fais quelques vers... — Ah! c'est donc vous... Prenez-vous du tabac, Monsieur ? ajouta l'empereur, en lui présentant sa tabatière enrichie de diamants. — Sire, en vérité, je suis confus... — Gardez, gardez la boite, et

Quand vous y prendrez une prise,
Rappelez-vous Marie-Louise.

Nul doute que ce brave poète, en admirant sa boite, ne se soit dit à part lui : « Ce que c'est que d'avoir du talent ! »

 

Illustration : Mariage de Napoléon et de Marie-Louise

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 06:55

D'après « Journal de la Régence (1715-1723) » (Tome 1), paru en 1865

Dans son Journal de la Régence publié seulement au XIXe siècle, l'écrivain de la bibliothèque du roi Jean Buvat (1660-1729) nous apprend qu'un homme d'affaires qui logeait proche des Jacobins de la rue Saint-Honoré, s'avisa, par une délicatesse de conscience ou par un esprit de prudence, d'aller trouver Fourqueux, procureur général de la chambre de justice, et lui dit :

« Je viens, Monsieur, vous dénoncer un homme qui a cinq millions de biens ; mais avant que de vous en dire le nom, je vous prie de m'en assurer le cinquième par un écrit signé de vous, puisque la déclaration du Roi le porte. » Ce que Fourqueux lui ayant expédié, il ajouta :

Evasion-Fiscale.jpg

 

« C'est moi-même, Monsieur, qui ai présentement cinq millions de bien, et je n'avais que la valeur de huit cents livres quand je commençai à exercer un emploi ; ainsi, conformément à la déclaration du Roi, voilà un million qui m'appartient pour ma dénonciation, qui est juste et sincère. Pour les quatre autres millions, il faudra voir si je les ai bien ou mal acquis dans les affaires où j'ai eu quelque part. »

Laquelle proposition étonna Fourqueux, qui lui en sut si bon gré qu'il l'assura de plus qu'il serait traité favorablement. On a depuis assuré que ce particulier avait financé deux millions en deniers comptants, et que la chambre de justice l'avait déchargé de toute autre recherche.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 06:55

D'après « Joyeux passe-temps de la jeunesse », paru en 1864

 

Un filou s'avise un jour de décrocher une pendule dans un des appartements de Louis XIV. Au moment où il faisait son coup, le roi entre soudain.

Le voleur, payant d'une effronterie peu commune, se hâta de dire au roi : « Sire, je crains bien que l'échelle ne glisse. » Le prince, persuadé que ce ne peut être qu'un homme de service, qui décroche cette pendule pour quelque réparation, tient le pied de l'échelle, de crainte d'accident.

Louis-XIV.jpg

 

Quelques heures après, on se plaint au monarque qu'une riche pendule a été enlevée dans l'un des appartements, on ne sait par qui ni comment. « N'en dites rien, répondit le roi, je suis complice du vol, car c'est moi qui ai tenu l'échelle pendant qu'on la décrochait. »

 

Illustration : Louis XIV

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 06:55

D'après « Histoire des proverbes contenant l'énoncé des proverbes les plus saillants et les plus usités, etc. », paru en 1855

 

Henri IV attendait les députés de la ville d'Orléans, qui avaient, dit-on, pour usage de ne boire jamais qu'assis. « Je les ferai bien manquer à cet usage-là », dit le roi.

Les députés sont admis au moment où le monarque déjeune. Après avoir reçu leurs compliments, le Béarnais, avec cette bonté joviale qui le caractérise, boit à la santé de la députation et l'invite à boire à la sienne.

Henri-IV-2.jpg

 

Les députés se défendent de prendre une telle liberté. « Est-ce parce que vous ne buvez qu'assis ? Asseyez-vous, point de cérémonie », dit le roi en insistant. Les députés s'apercevant qu'il n'y a pas de siège, de renouveler leurs excuses. Le roi se fâche ; il n'invite plus, il ordonne.

Que font les députés, pour concilier ce qu'ils doivent à l'usage et au roi ? Ils acceptent les verres qui leur sont offerts, mais avant de les vider, ils s'asseoient par terre. « Ventre-saint-gris, dit Henri IV, je n'avais pas pensé à faire ôter ce siège-là. »

 

Illustration : Henri IV

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